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Le zodiaque chinois, le 17 février prochain, entrera dans l’Année du Cheval de Feu. Le Cheval est le septième des douze signes du zodiaque en Chine. Le Cheval de Feu intervient tous les soixante ans et s’accompagne d’une sorte de malédiction astrologique qui toucherait les naissances des filles. Mais qu’en est-il de notre zodiaque ?
Le zodiaque représente une bande de la sphère céleste centrée sur l’écliptique, encadrant la trajectoire apparente du Soleil. Cette bande est divisée en douze parties égales qui portent les noms des constellations les plus proches. Le zodiaque est né en Mésopotamie, avec l’astrologie, et découle d’une observation attentive des phénomènes célestes, à l’œil nu, sur plusieurs millénaires. Pour ces anciens habitants de l’Irak, l’observation des phénomènes célestes et météorologiques sert principalement deux objectifs : fixer le calendrier et construire des présages de l’avenir.
De nombreux noms d’étoiles et de constellations sont sumériens et datent donc d’avant 2 000 av. J.-C., moment où la langue sumérienne cesse d’être parlée. À partir du début du IIe millénaire av. J.-C., des listes de mots donnent les noms des planètes visibles à l’œil nu, de constellations et des étoiles les plus brillantes. C’est également de cette époque que datent les premiers textes astrologiques dont les présages sont liés aux éclipses de lune et de soleil. Les corps célestes sont en effet considérés comme des messagers à travers lesquels les dieux s’adressent aux hommes. Par conséquent, leurs mouvements et positions sont interprétés de manière positive ou négative.
L’Épopée babylonienne de la Création (Enuma eliš), un poème de 1100 vers, explique comment le dieu Marduk a organisé les astres dans les cieux : il a dessiné les étoiles et les constellations et fixé le méridien. Les étoiles soudées à la voûte céleste se déplacent avec elle, tandis les cinq planètes alors connues, ainsi que le Soleil, la Lune, les comètes et les étoiles filantes, constituent les astres errants. Les configurations d’étoiles, décrites comme les images des dieux, ont une influence sur la vie des hommes et sur leur destin. Les dessins de constellations apparaissent sur des stèles en pierre ; on y trouve le scorpion, le sagittaire, le capricorne…
a) Kudurru de Meli-Šipak (1186-1172), montrant le Capricorne ; b) Kudurru datant de Nabuchodonosor I (1126-1105), montrant le Sagittaire.
À partir de la seconde moitié du IIe millénaire av. J.-C. de grandes séries astrologiques sont mises en forme, telle « Lorsque Anu et Enlil » (Enuma Anu Enlil) qui propose une compilation de 7 000 présages tirés de l’observation du ciel sur 70 tablettes cunéiformes. Ces présages sont liés aux mouvements de la Lune, du Soleil, aux levers et couchers de la planète Vénus ou encore aux éclipses.
Un autre texte datant de la même période, « La Constellation de la Charrue » (La Grande Ourse, Mul Apin) liste 71 étoiles et constellations réparties sur trois voies parallèles à l’équateur. Il précise les levers héliaques de nombreuses étoiles et explique les procédures des astrologues pour prédire les mouvements du Soleil, de la Lune et des planètes. Parmi les constellations, 18 sont classées à part car elles se trouvent sur l’orbite de la Lune, du Soleil et des planètes ; c’est la toute première définition de la ceinture zodiacale définie comme le « chemin du Soleil/de la Lune ». L’année est alors divisée en quatre saisons astronomiques. Les constellations ne sont visibles que pendant six mois de l’année.
Au Ier millénaire av. J.-C., les astrologues à la cour du roi établissent des rapports d’observation quotidiens et essayent de prédire les éclipses. Un texte daté de 419 av. J.-C. donne, pour la toute première fois, les douze signes du zodiaque définis par les constellations qu’ils contiennent : Le Journalier (Bélier), Les Étoiles (Taureau), Les Jumeaux (Gémeaux), Le Crabe (Cancer), Le Lion, L’Épi (Vierge), La Balance, Le Scorpion, Le Sagittaire, Le Poisson-Chèvre (Capricorne), Le Géant (Verseau), L’Hirondelle et Les Queues et Annunîtum (= Andromède) (Poisson).
Les horoscopes apparaissent au même moment. Ils débutent par « L’enfant a été mis au monde telle année, mois, jour et heure », et donnent les positions des planètes dans le zodiaque, les intervalles de temps avec les levers de la lune et du soleil, puis se reportent au corpus des « présages de naissance ».
Almanach Babylonien avec représentation de La Vierge (L’Épi), Uruk, Musée du Louvre.
À partir de 220 av. J.-C., les Babyloniens rédigent des almanachs astronomiques divisés selon les douze mois de l’année où ils notent la position de la Lune et des planètes selon l’écliptique et les douze constellations du zodiaque ; ils prévoient avec une meilleure précision les dates des éclipses de lune et de soleil.
Les rapports et almanachs astronomiques Babyloniens ont été utilisés par les Grecs Euxodus de Cnide au 4e siècle, Hipparque au 2e siècle av. J.-C., puis par Ptolémée au 2e siècle ap. J.-C. Ce dernier décrit nos douze constellations du zodiaque qui ont donc été directement empruntées aux Babyloniens. Leurs noms ont été traduits et adaptés en grec.

