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Michel Jouvet, l’explorateur du sommeil

Michel Jouvet, l’explorateur du sommeil

05.10.2017, par
Médaille d’or du CNRS en 1989, le neurobiologiste Michel Jouvet est décédé le 3 octobre 2017. Il a mené des recherches fondatrices sur le sommeil et découvert notamment le sommeil paradoxal.

Le Pr Michel Jouvet vient de s’éteindre à l’âge de 91 ans. Avec lui, la France perd l’une des personnalités les plus marquantes de la neurophysiologie du XXe siècle. Michel Jouvet a eu une formation initiale en médecine à Paris. Lors de son internat en neurologie à Lyon, il découvre la recherche en neurophysiologie et inaugure avec sa première publication en 1952 une carrière des plus fécondes (plus de 460 publications originales).

De retour à Lyon en 1955 après un stage aux États-Unis, il s’aperçoit qu’aux différentes phases de sommeil décrites jusqu’alors, il faut en ajouter une nouvelle, très différente de tout ce qui était connu. Cette phase de sommeil est caractérisée par une intense activité corticale qui ressemble à celles enregistrées pendant l'éveil. Il vient de découvrir le sommeil paradoxal. Cette phase de sommeil est aussi caractérisée par des centaines de mouvements des yeux alors que le reste du corps est atone.

Michel Jouvet en 2003.
Michel Jouvet en 2003.

Professeur à l’université Claude-Bernard de Lyon, dans le cadre de l’unité Inserm qu’il a longtemps dirigée, Michel Jouvet et son équipe décryptent les mécanismes neuropharmacologiques et les régions cérébrales impliqués dans les phases du sommeil. Ils identifient la structure cérébrale impliquée dans l’atonie musculaire.  Une lésion de cette structure provoque des mouvements semblables à ceux produits pendant les périodes d’éveil. Sur cette base, il postule que le sommeil paradoxal correspond aux rêves dont on se souvient. Ce n’est que récemment que ses intuitions ont été confirmées avec la découverte que le sommeil paradoxal est aussi un des moments clés de la consolidation de nos souvenirs en rejouant les actions de la phase d’éveil précédente.

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À propos
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Année de production: 
2017
Durée: 
6 min 27
Réalisateur: 
S. Fergnachino et E. Cerasuolo
Producteur: 
Les Films d’ICI, Zenit Arti Audiovisive, Arte France et CNRS Images
Intervenants: 
Michel Jouvet

Extraits du film « L’énigme du sommeil » (2004) réalisé par S. Fergnachino et E. Cerasuolo ©Les Films d’ICI, Zenit Arti Audiovisive, Arte France et CNRS Images

 
Rares sont les neuroscientifiques français qui ont autant marqué l’histoire de la biologie. Le rayonnement mondial de ses travaux qui ont permis des progrès décisifs dans la compréhension du sommeil et de sa pathologie a valu à Michel Jouvet des distinctions prestigieuses, dont la médaille d’or du CNRS en 1989. Il était membre de l’Académie des sciences et de l’Academia Europea.

Lire aussi :
- Lever le voile sur les rêves
- Pourquoi dormons-nous ?
- Les derniers mystères du sommeil

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Auteur

Bernard Poulain

Bernard Poulain est directeur de recherche à l’Institut des neurosciences cellulaires et intégratives1 et directeur adjoint scientifique de l'Institut des sciences biologiques du CNRS.

Notes
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Commentaires

1 commentaire

Bonjour, éminents scientifiques :) . (Voici mon commentaire avant lecture de l'article sur le site.) Si cela vous intéresse j'ai fais du sommeil paralytique avec mon traitement avec des impressions de lévitation (je pense qu'au début des phases mon dos se surélevait mécaniquement), blocage d'organes liés aux sens puis blocage respiratoire. J'ai du l'arrêter pour cette raison; que les médecins prenaient pour des faits que je "simulais". Car cette maladie n'est pas étudiée. Aussi, des idées prenaient vies autour de moi et j'ai eu des hallucinations sonores très fortes presque comme si mes tympans allaient exploser parfois audibles, parfois incompréhensibles. Cette sensation revenait aussi parfois éveillé pendant un moment de fatigue combiné à l'alcool, comme si mon esprit montait ou en tout cas la sensation de mon esprit. Comme si ma tête s'allégeait au même moment. Les premières sensations sont assez agréables. On peut se croire sur un petit nuage. Puis selon nos sens on se réveille de 10 min à 30 min plus tard (1h parfois mais avec une replongée dans cet état après un état normal retrouvé). Puis, dans ce réveil inattendu un de nos sens, où les muscles peuvent être bloqués. (Si c'est l'appareil respiratoire qui est bloqué, il faut lutter pour repasser dans un sommeil profond et reprendre le mécanisme ou se concentrer très fort pour se réveiller ce qui engendre parfois des maux de têtes courts mais puissants suivis d'une grosse fatigue avec parfois l'impossibilité d'un réveil total et donc la rechute vers cet état.). Enfin les hallucinations parviennent qui sont découlées de notre ressenti car il m'est arrivé de passer à des énergies sombres qui m'entouraient à d'autres positives en me concentrant sur des choses positives. Certains on fait cas de sonores et visuelles d'autres que sonores ou que visuelles. Pour ma part elles étaient sonores avec juste le traitement. Et de temps en temps, éveillé avec l'alcool des hallucinations visuelles que j'estime peut-être liées à cette phase de dé-concentration du cerveau (ou de mon esprit) de même nature mais pas pour les même raisons d'ailleurs les médicaments influencent bien plus sur le sommeil et même sur les phases éveillées. Petit à petit avec un traitement nouveau d'antidépresseur les phases sont devenues plus courtes mais plus fortes avec 3 ou 4 malaises vagaux sur 6 mois (ce qui ne m'arrivait pas avant.) Et bien souvent sobre, avec les même sensation pré-malaises d'allègement mais sans hallus cette fois. Je prenais avant un neuroleptique sur 1 an (un peu moins) , (Tercian 100). J'ai fais une quinzaine de ces rêves expérimentaux, très puissants pour une petite chimie. Même si le début est très plaisant on ne s'y attends vraiment pas. Personnellement je rêvais que je volais au-dessus des gens avec la force de mes jambes. Puis au contact d'une entité dans le rêve mon esprit ne pouvait plus charger l'individu dans ma mémoire et donc le réveil passait sur ce stade complexe d'hallucinations, semi-éveillé, avec en mémoire le contexte (gentil ou méchant en gros) de la rencontre de l'individu mais aucun souvenir de la fin du rêve, comme piégé par mon ressenti, ce n'est qu'au réveil que les quelques souvenirs en bribes me revenaient. Parfois mon esprit continuait aussi de m'envoyer des images comme des rêves incontrôlables alors que je me tenais yeux ouverts. Souvent les mêmes et encore une fois très contextuelles, basées sur le mal ou le bien. J'étais assez inquiet. J'ai donc arrêté tout ces traitements. Même si les rêves étaient géniaux, j'aurais du me filmer en dormant car je doute sérieusement du fait que je faisais du somnambulisme en parapente. A mon avis mon esprit était trop stimulé à la baisse par ces traitements. Donc depuis tout va mieux je rêve encore parfois que je lévite mais sans aucune sensation ni hallucinations, ni réveils. Cette sensation m'est réapparue une fois légère (sans hallu-réveil mais avec la sensation de légèreté prête à m'accueillir dans cet état catastrophique.) juste après l'arrêt de ces médicaments. Merci si vous avez pris le temps de lire et pouvez m'indiquer des pistes sur cette maladie très mal connue, on fait mention de spiritisme souvent et pas de maladie ce que je n'ai jamais cru. (Après lecture) : S'agit-il bien aussi de cette forme de sommeil paradoxal ? Aussi, le traitement peut-il être responsable au niveau des relations entre les neuro-transmetteurs comme dit dans l'article? Tercian 100 au coucher ( dont deux géllules de 50 matin-midi en + des 100 le soir, donc un total de 200/jour. Pour les rêves.). Et Mirtazapine (anti-dépresseur au dosage minimum -> 8 une fois par jour pour les malaises survenant après la prise ou après un réveil difficile après prise le soir de la veille.).
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