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Et le Moyen Âge créa l’animal

Et le Moyen Âge créa l’animal

23.10.2026, par
Temps de lecture : 18 minutes
Le Jardin des délices, de Jérôme Bosch (vers 1498).
Créatures hybrides représentées dans des situations ridiculisant l’espèce humaine, chiens qu’on emmenait à la messe, escargots traduits en cour de justice… Au Moyen Âge, l’animal est omniprésent, mais n’existe pas encore comme catégorie distincte des humains. Récit d’une invention qui prit quelques siècles…

Nous vivons dans une société qui divise le monde en deux catégories bien distinctes, la catégorie « animal » et la catégorie « humains ». Mais il n’en a pas toujours été ainsi, comme vous le dites dans votre livre1. C’est d’abord la religion chrétienne qui introduit cette rupture ? 

Pierre-Olivier Dittmar2 Pour comprendre cette frontière qui sépare l’humanité de l’animalité, il faut effectivement remonter à une première rupture radicale, celle opérée par le christianisme, qui inaugure un monde où la religion se passe des animaux.

Dans le cadre antique (grec, romain ou juif), les animaux sont au cœur de la sphère rituelle, qui régit elle-même en grande partie la vie quotidienne. Les sacrifices d’animaux accompagnent toutes les fêtes, même locales. Et peuvent prendre des dimensions dantesques. Imaginez par exemple qu’à Rome, pour célébrer la victoire d’un général, on pouvait sacrifier jusqu’à 120 bœufs au cœur de la cité, avec ce que cela entraînait dans la ville d’odeurs, de sang et de problèmes de gestion des déchets organiques ! Mais le fruit de ces sacrifices étaient répartis entre dieux et humains. Tuer 120 bœufs, c’était fournir ainsi 100 g de viande à 200 000 personnes, comme l’a calculé un historien !

À l’époque, les interdits alimentaires sont nombreux – surtout dans le judaïsme, qui édicte les nombreuses règles permettant de repérer les animaux, purs ou impurs, que l’on peut manger ou non, et suivant quels rites.

Le christianisme interdit les sacrifices d’animaux et, pour bien se démarquer du judaïsme, il abandonne les interdits alimentaires.

Or le christianisme interdit les sacrifices d’animaux et, dans un même élan, pour bien se démarquer du judaïsme, il abandonne les interdits alimentaires. Saint Paul va jusqu’à tourner en dérision les juifs qui se préoccupent, par exemple, du sort des bœufs (« Tu ne muselleras pas le bœuf quand il foule le grain ») et Augustin se moque de ceux qui veulent étendre le « Tu ne tueras point » aux bêtes, tandis que, estime-t-il, « leur vie et leur mort sont également faites pour notre usage ».

Pourtant, derrière cette position théorique, d’autres interdits alimentaires se mettent alors en place. Moins connus, ils n’en sont pas moins puissants et respectés jusqu’à aujourd’hui. C’est le cas de la viande d’animaux carnivore, comme celle de chien, qui était consommée en Gaule, mais devient immangeable dans le cadre chrétien.

Mais le mouvement général reste clair; Avec le christianisme, les animaux sont exclus du rituel et deviennent une pure matière profane. L’Occident inaugure ainsi un monde anthropocentré, où Dieu s’est fait homme via Jésus devenu « l’agneau de Dieu qui enlève tous les péchés du monde ». L’animal en chair et en os devient un agneau métaphorique, silencieux – une image qui ne crie ni ne saigne !

Comment les humains du Moyen Âge pensent-ils les animaux sans le concept moderne d’animal ?

P.-O. D. L’émergence de ce concept d’animal ne s’est pas faite en un jour, mais a duré plusieurs siècles. En son absence, ce sont plutôt les noms des différentes espèces qui sont utilisés. Ce niveau possède un sens particulier dans le récit chrétien : l’expression « selon son espèce » est répétée à neuf reprises dans le récit des premiers jours de la Genèse !

Le modèle paradisiaque est d’ailleurs essentiel pour penser l’animal. Les images de la Création montrent un Paradis où se trouvent des espèces cohabitant amicalement avec l’humain. Dans le bestiaire d’Aberdeen, une image remarquable des années 1200, Adam donne un nom et fait venir à lui les animaux. Tous se soumettent à cet appel, preuve de la relation pacifique entre les animaux et l’homme, et de la souveraineté totale de ce dernier.

À gauche, scène tirée du « Bestiaire d’Aberdeen » (vers 1200) : tous les animaux se soumettent à l’appel d’Adam. À droite, les animaux sur l’Arche de Noé, dans le « Psautier dit de Saint Louis et de Blanche de Castille » (vers 1220) : avec le Déluge apparaît la catégorie des animaux sauvages, violents, distincts des animaux domestiques.
À gauche, scène tirée du « Bestiaire d’Aberdeen » (vers 1200) : tous les animaux se soumettent à l’appel d’Adam. À droite, les animaux sur l’Arche de Noé, dans le « Psautier dit de Saint Louis et de Blanche de Castille » (vers 1220) : avec le Déluge apparaît la catégorie des animaux sauvages, violents, distincts des animaux domestiques.

Mais, avec le Déluge, l’Arche de Noé présente une nouvelle classification du vivant. Contrairement à ce qu’on imagine, aucune espèce n’est mentionnée dans la Bible pour cet épisode. Les images de l’Arche montrent une faune terrestre répartie entre deux catégories d’animaux qui vont perdurer pendant presque un millénaire : les animaux domestiques herbivores appelés « pecus », et les animaux sauvages carnivores appelés « bestia ». Ces deux catégories se définissent par le comportement – violent ou docile – qu’elles expriment vis-à-vis des humains.  

C’est vers les années 1300, avec la diffusion d’une nouvelle littérature savante dans des langues vernaculaires comme le français et l’italien qu’apparaissent au grand jour les transformations du monde qui se sont sourdement opérées pendant les siècles précédents. Le terme latin « animal », qui désignait depuis plus d’un millénaire tous les êtres animés, y compris humains, dans la littérature savante, est alors traduit par le terme de « beste », qui englobe tous les animaux terrestres, mais exclut les humains. Un changement de vocabulaire qui témoigne de bouleversements profonds dans les sociétés occidentales. 

À la période médiévale, les animaux quittent l’espace rituel, alors qu’ils sont pourtant omniprésents dans le quotidien ?

P.-O. D. Oui, les matières premières des peintres sont faites d’un mélange d’os de poulet, de colle de poisson, de bave de chenille asiatique et de poils de porc. On écrit avec des plumes d’oie sur des parchemins en peau de veau ou de chèvre. Il aura par exemple fallu tuer 5000 veaux pour fabriquer les 30 exemplaires de la Bible de Gutenberg ! Et, à l’époque, on va encore fréquemment à la messe avec son chien sur les genoux pour se réchauffer.

Certains commencent à donner une sépulture à leur chien (…). Les enfants sont souvent décrits comme « jouant » avec les oiseaux, les cailles, les canaris.

Les humains manifestent de véritables attachements avec certains animaux. Certains commencent à donner une sépulture à leur chien, par exemple, mais ces attachements ne prennent pas forcément la même forme qu’aujourd’hui. Par exemple, les enfants sont souvent décrits comme « jouant » avec les oiseaux, les cailles, les canaris, sans que l’on sache à quoi pouvaient ressembler ces jeux.

Dans le même temps, la consommation croissante et bientôt massive de viande (on parle d’une Europe « carnassière ») et de poisson (par des individus qui n’ont jamais vu la mer) marque une société où la domination sur l’animal, par l’alimentation et par l’élevage, est de plus en plus forte. Ce qui acte un processus de chosification et accentue la rupture entre l’homme et l’animal.  

Les animaux sont aussi beaucoup plus présents qu’aujourd’hui dans la littérature ?

P.-O. D. Ils sont partout dans la littérature pour adulte, que ce soit dans la poésie, dans les romans de chevalerie, dans les satires politiques. Par ailleurs, des textes entiers, les bestiaires et les fables, leur sont consacrés.

La plus connue des fables est Le Roman de Renart. Mais les premières versions de cette fable (au début du XIIIe siècle) ne ressemblent en rien à celles qu’on lit aujourd’hui aux enfants ! Elles témoignent d’une littérature pour adulte souvent violente, obscène et transgressive. Ainsi Renart commence par violer la femme du loup avant d’uriner sur ses enfants ! Et la morale de la fable ne sauve même pas les apparences, puisque Renart, dans une sorte de célébration de l’empire du Mal, préfère rejoindre ceux qui font la fête en Enfer plutôt que de retrouver au Paradis de tristes et vieux barons

Un lapin claironne sur le dos d’un homme, dans la série « Hommes ridiculisés », tirée du bréviaire de Renaud de Bar (vers 1302-1305). Au Moyen âge, le lapin est souvent associé avec le sexe féminin.
Un lapin claironne sur le dos d’un homme, dans la série « Hommes ridiculisés », tirée du bréviaire de Renaud de Bar (vers 1302-1305). Au Moyen âge, le lapin est souvent associé avec le sexe féminin.

Ces récits imaginaires sur le monde animal sont en fait l’occasion de produire un discours de vérité pour le monde des humains. Tandis qu’aujourd’hui, la littérature animale est quasiment réservée au monde de l’enfance, et acte en quelque sorte cette coupure du monde en deux.

Les animaux peuplent aussi un espace nouveau, celui des marges des manuscrits.

P.-O. D. Effectivement, dans les années mêmes où sont redéfinies les frontières entre humains et non humains, des images s’inscrivent dans un nouvel espace, ces bords de page jusqu’alors laissés vierges. Ces zones intermédiaires, entre le texte et le vide, se peuplent d’une vie nouvelle, et produisent un discours d’une redoutable complexité sur le monde. On n’y trouve pas ce qui fait l’ordinaire des relations entre les humains et la faune – notamment les animaux les plus consommés que sont le porc, le bœuf et le mouton –, mais d’innombrables papillons, animaux burlesques et autres lapins lubriques humiliant les humains, qui ont dérouté plus d’un historien !

Dans une marge d’un livre de prières destiné à un grand laïc, Les Heures de Jean de Montauban (vers 1430), on voit ainsi Adam et Eve quitter le paradis à quatre pattes. À la suite de leur faute, ils ont perdu l’autorité qui assurait leur supériorité sur les autres vivants. Avec eux, c’est l’ensemble des humains qui font l’expérience d’une vie dégradée par l’animalité.

Extrait des « Heures de Jean de Montauban » (vers 1430-1440) : Ève et Adam sortent du Paradis bestialisés.
Extrait des « Heures de Jean de Montauban » (vers 1430-1440) : Ève et Adam sortent du Paradis bestialisés.

Ces images montrent aussi l’humanité sous un jour fragile et souvent ridicule. Des lapins représentés en nombre, innocents petits herbivores, tiennent pourtant les humains sous leur coupe. Au Moyen Âge, cet animal est en outre souvent associé au sexe féminin, en vertu du rapprochement entre le mot « con » et celui de « conin », qui désigne l’animal aux grandes oreilles en ancien français. Ils se trouvent de ce fait souvent représentés dans des métaphores de la passion charnelle et du désir.

Des images d’hybrides, mi-hommes mi-bêtes, se multiplient…

P.-O. D. Oui, en même temps que se diffuse une conception du monde séparant l’homme des autres animaux, une nouvelle façon de considérer l’individu se met en place, qui voit en chacun une opposition entre une part proprement humaine et une part animale. Dans les images, cette évolution se traduit par une multiplication des figures hybrides sur tous les supports, d’abord dans les manuscrits et les édifices religieux, pour ensuite se multiplier à partir du XVe siècle sur les murs et les plafonds des intérieurs domestiques de seigneurs ou de simples marchands.

Elles prennent souvent la forme de ce qu’on appellera plus tard des « drôleries », associant un visage humain à des formes animales toujours plus variées. Par exemple, au plafond de l’ancien presbytère de Lagrasse est peinte une femme tenant en laisse un ecclésiastique (reconnaissable à sa mitre), dont le corps ressemble étrangement à celui d’un ver de terre !

Plafond peint en 1492 d’une riche maison de Lagrasse (Aude). Une femme, sans doute prostituée, tient en laisse un ecclésiastique hybridé.
Plafond peint en 1492 d’une riche maison de Lagrasse (Aude). Une femme, sans doute prostituée, tient en laisse un ecclésiastique hybridé.

Le peintre Jérôme Bosch va encore plus loin, en hybridant les corps humains non plus avec le vivant, mais avec le monde des choses en pleine expansion. Dans son triptyque Le Jardin des délices, sans doute daté de l’extrême fin du XVe siècle, on voit au centre s’ébattre et s’entrelacer des humains, nus, avec des animaux ; des hommes porter des poissons géants ou se faire manger par des moules.

Ce tableau a suscité un nombre infini d’interprétations. Pour ma part, j’y vois une hiérarchie du vivant totalement abolie, où les humains sont hors d’échelle (leur visage a la taille d’une fraise !), qui relègue l’histoire biblique dans les panneaux latéraux et donne aux marges la place d’honneur, au centre. La représentation du Paradis y est déjà assez sombre, puisqu’elle est un exemple rare de représentation des animaux souffrant de violence et d’hybridité. Mais surtout l’Enfer, règne de la matière, est le lieu où les corps se mélangent à la marchandise, s’hybrident avec des couteaux, des clés, des tournebroches et des instruments de musique…

Quelle était la signification des procès intentés aux animaux ?

P.-O. D. Les grognements de cochons ayant attaqué des enfants et traduits en cours de justice par des avocats sont fascinants, mais attention aux interprétations hâtives ! Au regard de l’ensemble de la production judiciaire, ils étaient particulièrement rares, leur fréquence augmentant surtout à la fin du Moyen Âge. Une erreur serait d’y voir la preuve d’un peuple médiéval un peu naïf et enfantin.

Mieux vaut considérer les procès intentés aux animaux comme des rituels faisant suite à des dégâts particulièrement lourds pour une communauté.

Mieux vaut considérer ces procès comme des rituels faisant suite à des dégâts particulièrement lourds pour une communauté. C’est par exemple le cas lorsque des paysans sont victimes de ravages sur leurs cultures. Qui est le propriétaire des escargots qui ont par exemple détruit telle vigne en 1500 dans la campagne de Lyon ?

Dans ce genre de cas, on se tourne vers la justice ecclésiastique pour l’obliger à prendre en compte une situation d’injustice ou de peine particulièrement manifeste. Dans ces rituels judiciaires, certes les animaux incriminés étaient défendus par un avocat, mais le plus souvent ils perdaient leur procès. À une période de l’histoire où la notion de propriété prend de l’importance, où la justice prend une place nouvelle dans la société, un tel drame ne peut pas rester impuni. Ces rituels judiciaires, qui aboutissent généralement à des formes de malédiction formulées lors de cérémonies et de processions, montrent une prise en charge à la fois communautaire et institutionnelle de drames individuels comme la ruine des récoltes d’un paysan. 

Quelle a été la conséquence de l’invention de l’animal pour les humains ?

P.-O. D. L’évolution du vocabulaire montre de quelle façon les questions sociales et environnementales sont imbriquées. L’invention de l’animal va de pair avec une invention de l’homme où le genre masculin devient le représentant de l’espèce tout entière, puisque le terme français « homme » ne désigne plus que les individus mâles. Le rapport de maîtrise de l’humain sur les animaux qui caractérisait le Paradis devient plus clairement celui de l’homme « masculin » et justifie de nombreux rapports de domination sur les femmes, les enfants, mais aussi sur les paysans, les étrangers.

Au Moyen Âge, représentations naturalistes et créatures hybrides envahissent les marges des manuscrits, comme sur le « Bréviaire de Belleville » (1323-1326).
Au Moyen Âge, représentations naturalistes et créatures hybrides envahissent les marges des manuscrits, comme sur le « Bréviaire de Belleville » (1323-1326).

Dès 1962, Claude Lévi-Strauss alerte dans une conférence à l’Unesco : « Jamais mieux­ qu’au terme des quatre derniers siècles de son histoire, l’homme occidental ne put-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il retirait à l’autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes ». On le voit, les différentes barrières que l’on dresse dans le cadre environnemental ont toujours des conséquences dans le cadre social, voire intime.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette séparation entre humain et animal ?

P.-O. D. Si on en voit les effets pratiques tous les jours, elle tient de moins en moins théoriquement ! Les remparts conceptuels qui séparaient les individus de leur environnement s’effondrent lentement. L’humain doit désormais se penser comme partie du vivant, et accepter l’idée qu’il constitue lui-même un holobionte3, une communauté écologique hébergeant de nombreuses espèces sans lesquelles il ne pourrait vivre.

Et les découvertes récentes sur le microchimérismeFermerMicrochimérisme : Présence naturelle, au sein d’un organisme, de cellules vivantes issues d’un autre individu et génétiquement distinctes., qui montrent l’importance des transferts entre cellules fœtales et maternelles, portent de nouveaux récits, comme celui des cellules d’enfants qui battent dans le cœur d’une mère. Nous sommes tous des hybrides, et cela n’est plus la conséquence d’un péché originel, mais un état de fait biologique.

À lire
L’Invention de l’animal – Essai d’anthropologie médiévale, Pierre-Olivier Dittmar, 448 pages, Gallimard, 2026 (lire un extrait).
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À Lyon et Paris, des animaux surexposés !

Entre le chien auquel on offre une fête, l’agneau que l’on mange, le fauve que l’on enferme et le castor qui réaménage nos rivières, l’exposition « Animal culte », à Lyon, s’interroge : à quel moment décidons-nous qu’un animal mérite notre amour, notre protection ou… notre appétit ?

« En présentant plus de 330 objets et spécimens venus des cinq continents, nous avons voulu offrir un panorama des rapports incroyablement variés, de travail mais aussi d’affections, que les humains entretiennent avec les animaux, explique le sociologue du CNRS Jerôme Michalon (laboratoire Triangle4), co-commissaire scientifique. Dans les sociétés occidentales contemporaines, la question animale fait de plus en plus débat, des mouvements portent la voix des animaux, le sujet de leur exploitation pour l’élevage par exemple devient politique. »

« Portrait de Peter Singer et d’un coq » (2025), par l’artiste australienne Petrina Hicks. Œuvre présentée à l'exposition « Animal culte », à Lyon.
« Portrait de Peter Singer et d’un coq » (2025), par l’artiste australienne Petrina Hicks. Œuvre présentée à l'exposition « Animal culte », à Lyon.

Le visiteur pourra se trouver dans une cage du côté des enfermés, s’interroger sur les formes de travail partagé dans des élevages peu intensifs, comprendre qu’on ne naît pas avec une liste universelle d’animaux à caresser, craindre, ou manger. Et voir certaines poupées, qui sur d’autres continents prennent des formes mi-humain, mi-poisson.

À la Bibliothèque nationale de France, à Paris, un parcours pensé autour d’un fil chronologique nous emmène, du Moyen Âge aux années 2000, à la rencontre d’artistes, cartographes, écrivains, photographes, et même compositeurs de musique qui ont chacun à leur manière dépeint des animaux. Des enluminures du manuscrit du Roman de Renart aux planches de Babar le petit éléphant, en passant par l’iconique rhinocéros de Dürer ou l’émouvant manuscrit du Petit Prince, l’exposition raconte comme les sociétés, au fil du temps, choisissent de regarder l’animal. 

À voir 
• Exposition « Animal culte », jusqu'au 15 août 2027, au Musée des Confluences, à Lyon.
• Exposition « Histoires d’animaux », jusqu’au 29 août 2027, à la Bibliothèque nationale de France (exposition conçue en trois rotations annuelles afin de protéger les œuvres ; le parcours change tous les trimestres), à Paris.

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Notes
  • 1. « L’Invention de l’animal – Essai d’anthropologie médiévale », coll. « Bibliothèque illustrée des histoires », Gallimard, 2026.
  • 2. Pierre-Olivier Dittmar est maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et titulaire d’une chaire d’histoire et d’anthropologie du vivant au Centre de recherches historiques (CRH, unité CNRS/EHESS).
  • 3. Du grec « holos (tout) » et « bios (vie) », le terme holobionte correspond à une entité vivante naturelle constituée d’un organisme supérieur, c'est-à-dire pluricellulaire, appelé « hôte », et de son microbiote, c’est-à-dire la cohorte de micro-organismes qui lui sont étroitement associés (bactéries, virus, archées, protistes et champignons microscopiques).
  • 4. Triangle : actions, discours, pensée politique et économique (unité CNRS/ENS Lyon/Sciences Po Lyon/Université Lyon 2 Lumière).

Auteur

Marina Julienne

Journaliste en presse écrite, spécialisée des sujets sciences, société et éducation (pour Le Monde, Science et Vie, Eurêka, etc.), Marina Julienne a aussi réalisé plusieurs documentaires pour France Télévision et Arte. À la rédaction de CNRS Le Journal depuis 2023, elle suit plus particulièrement...