Donner du sens à la science

Covid-19 : vacciné, peut-on s’infecter et transmettre le virus ?

Dossier
Paru le 21.09.2021
Covid-19: la recherche mobilisée

Covid-19 : vacciné, peut-on s’infecter et transmettre le virus ?

Des études sur des populations largement vaccinées, en Israël et au Royaume-Uni, confirment « in vivo » la protection promise par différents vaccins. Le risque que les personnes vaccinées transmettent le virus serait aussi potentiellement réduit. Explications avec trois experts de l’Institut Necker Enfants Malades.

Une fois par mois, retrouvez sur notre site les Inédits du CNRS, des analyses scientifiques originales publiées en partenariat avec Libération.

Israël et le Royaume-Uni, qui ont débuté rapidement une campagne de vaccination, disposent d’une couverture importante de leur population1 qui a permis la collecte de grande ampleur de premières données en janvier et février, alors que le variant dit « anglais » était déjà largement présent dans ces pays. Après les études des laboratoires sur leurs vaccins, menées sur des cohortes de taille habituelle pour qu’un tel médicament soit autorisé (20 000 à 30 000 personnes pour Pfizer-BioNTech et AstraZeneca/Oxford), nous disposons donc à présent de résultats sur des centaines de milliers de personnes. La situation exceptionnelle de ces deux pays, forts de structures de soin et de recherche clinique de qualité, permet ainsi une évaluation fine de la performance des vaccins dans la « vraie vie » dans un contexte de circulation active du virus.

Une étude sur les données de près de 600 000 personnes ayant reçu le vaccin Pfizer-BioNTech2, versus un groupe contrôle d’autant de personnes non vaccinées, a ainsi été menée en Israël et confirme une grande efficacité de ce vaccin. Elle consiste à compter combien de ces personnes ont ensuite été dépistées positives, combien ont également eu des symptômes de la maladie, combien ont dû être hospitalisées, ont développé des formes graves et sont décédées. Le groupe des vaccinés et le groupe contrôle présentent la même répartition homogène pour tenir compte d’éventuelles variations selon l’âge, le sexe, la zone de résidence géographique et des facteurs de comorbidité comme le diabète, le cancer, l’obésité, etc.
 

(...) une semaine après avoir reçu sa deuxième dose de vaccin, une personne a dix fois moins de risque d’être infectée sans le savoir et de potentiellement transmettre le virus.

Selon ses résultats, trois à quatre semaines après la première dose, la fréquence des infections asymptomatiques (personnes positives au test mais n’ayant aucun symptôme de la maladie) est réduite de 52 % par rapport à la population contrôle, et ce sans variation notable en fonction de l’âge, du sexe, des comorbidités, etc.

Cette réduction du nombre d’infections grimpe à 90 % dès sept jours après la seconde dose. Cela signifie, dans le cadre de cette étude, qu’une semaine après avoir reçu sa deuxième dose de vaccin, une personne a dix fois moins de risque d’être infectée sans le savoir et de potentiellement transmettre le virus.

Pour assister à un concert à Tel Aviv, le 26 mars dernier, les spectateurs montrent leur « vignette verte », un QR code attestant leur vaccination ou leur guérison du Covid-19 ou encore un test PCR négatif. En Israël, plus de 61 % de la population a déjà reçu au moins une dose de vaccin.
Pour assister à un concert à Tel Aviv, le 26 mars dernier, les spectateurs montrent leur « vignette verte », un QR code attestant leur vaccination ou leur guérison du Covid-19 ou encore un test PCR négatif. En Israël, plus de 61 % de la population a déjà reçu au moins une dose de vaccin.

Selon cette même étude, deux à trois semaines après la première dose de vaccin Pfizer-BioNTech, la protection contre une infection symptomatique (maladie avec symptômes) est de 57 %. Cette protection atteint 74 % si on se focalise sur le risque d’hospitalisation. Une semaine après la deuxième injection, la protection atteint l’excellent taux de 92 %, qu’il s’agisse d’avoir des symptômes ou d’être hospitalisé. Le résultat majeur de l’étude est la démonstration d’une réduction drastique de la mortalité : elle est réduite de 72 % deux à trois semaines après la première dose, et, une semaine après la deuxième dose, aucun décès n'a été répertorié.
 

Le résultat majeur de l’étude est la démonstration d’une réduction drastique de la mortalité.

Considérons maintenant la faible proportion de personnes dûment vaccinées qui ont quand même été infectées et ont présenté des symptômes de la maladie, même si celle-ci n’était plus mortelle pour eux. Sont-elles aussi contagieuses que les autres malades ?

Une étude menée en Israël sur environ 5000 patients3 de tous âges souffrant du Covid-19 apporte un début de réponse. Elle s’est intéressée à la quantité de virus nasopharyngée (présent dans le nez jusqu’à la paroi arrière du pharynx). Celle-ci est directement liée à la charge virale du patient et constitue un indicateur fort du potentiel de contagiosité d’une personne.
 
D’après les mesures, la quantité d'ARN viral nasopharyngé détectée par le test RT-PCR était 3 à 4,5 fois plus faible chez les patients ayant reçu une dose de Pfizer-BioNTech depuis au moins douze jours que chez les non-vaccinés. Cela suggère que le portage nasopharyngé diminue fortement à mesure que la réponse immune induite par le vaccin se développe.
 

La quantité d'ARN viral nasopharyngé détectée par le test RT-PCR était 3 à 4,5 fois plus faible chez les patients vaccinés avec le Pfizer depuis douze jours (...).

On peut raisonnablement estimer qu'avoir moins de virus c'est être moins infectieux, ce qui est encourageant sur une potentielle moindre contagiosité des personnes vaccinées. Mais à l’heure actuelle, personne ne connaît la quantité de virus minimale nécessaire à la transmission de la maladie, d’autant que cette quantité peut évoluer en fonction d'autres variants du virus….

Une autre étude, menée sur la population anglaise4, permet d’évaluer les protections de deux vaccins différents sur les seniors pour lesquels se pose la question d'une moindre efficacité due à une réponse immunitaire qui diminuerait avec l'âge. Résultats : sur 62 000 personnes de plus de 80 ans ayant reçu le Pfizer-BioNTech, l'efficacité est de 60 à 70 % après la première dose et de 89 % deux semaines après la seconde, soit des valeurs très similaires à celles obtenues sur des personnes plus jeunes.
  
De plus, parmi les personnes qui contractent quand même la maladie, le taux d'hospitalisation et la mortalité sont fortement réduits (respectivement de 44 % et 51 %). Et sur 75 000 individus de plus de 70 ans ayant reçu le AstraZeneca/Oxford, dont la seconde dose n’a pas encore été déployée en Angleterre, l'efficacité est de 60 % vingt-huit jours après la première dose et de 73 % à trente-cinq jours (en France, La Haute autorité de santé a suspendu l’utilisation de ce vaccin pour les moins de 55 ans dès le 19 mars dernier en raison de rares cas de thromboses repérés en Europe, Ndlr).

Les terrasses des pubs et restaurants de Soho, à Londres, lundi dernier, dès la réouverture au Royaume-Uni. Plus de 47 % des habitants du pays ont déjà reçu au moins une dose de vaccin.
Les terrasses des pubs et restaurants de Soho, à Londres, lundi dernier, dès la réouverture au Royaume-Uni. Plus de 47 % des habitants du pays ont déjà reçu au moins une dose de vaccin.

Dans tous ces travaux, nous notons aussi l’importance d’un laps de temps nécessaire après une injection avant d’acquérir un début de protection, et l’importance de la deuxième dose pour atteindre la totalité de la protection annoncée. Rien d’étonnant donc que des personnes aient pu contracter le virus et tomber malades juste après leur première injection. Notons enfin que les laps de temps entre les doses varient selon les produits : trois à quatre semaines pour les vaccins à ARN messager Pfizer-BioNTech et Moderna, et deux à trois mois pour le vaccin à vecteur adénoviral AstraZeneca/Oxford.

Les premières données sur le vaccin Moderna (...), montrent, avec six mois de recul, une bonne persistance des anticorps induits.

Quant à la durée de l’immunité conférée, les premières données sur le vaccin Moderna à ARN messager, dont les caractéristiques sont très proches de celles du Pfizer-BioNTech, montrent, avec six mois de recul, une bonne persistance des anticorps induits par la vaccination5.

Mais de nombreuses questions restent ouvertes sur les différents schémas et calendriers vaccinaux, et en particulier le rythme des rappels, notamment face à l'émergence de nouveaux variants qui pourraient échapper au système immunitaire.
 
Quoi qu’il en soit, ces données encourageantes doivent nous inciter à une vaccination massive pour réduire la mortalité et les cas graves qui saturent le système de santé, réduire la circulation virale et peut-être le portage nasopharyngé. L’adhésion de la population et le succès épidémiologique des campagnes vaccinales de certains pays doivent nous inspirer. 

Les points de vue, les opinions et les analyses publiés dans cette rubrique n’engagent que leur(s) auteur(s). Ils ne sauraient constituer une quelconque position du CNRS.

À lire sur notre site
Covid-19 : ces variants qui ont changé la donne

À écouter  sur notre site
Comment le variant anglais s'est-il imposé ? (podcast)

Notes
  • 1. Au 13 avril 2021, plus de 61 % des Israéliens et 47 % des Britanniques ont reçu au moins une dose selon https://covidtracker.fr/vaccintracker/
  • 2. Dagan N. et al. (2021), “BNT162b2 mRNA Covid-19 Vaccine in a Nationwide Mass Vaccination Setting”, The New England Journal of Medicine.
  • 3. Levine-Tiefenbrun M. et al. (2021), “Initial report of decreased SARS-CoV-2 viral load after inoculation with the BNT162b2 vaccine”, Nature Medicine.
  • 4. Lopez Bernal J. et al. (2021), “Early effectiveness of COVID-19 vaccination with BNT 162b2 mRNA vaccine and ChAdOx1 adenovirus vector vaccine on symptomatic disease, hospitalisations and mortality in older aldults in England”, medRxiv.
  • 5. Widge A.T. et al. (2021), “Durability of Responses after SARS-CoV-2 mRNA-1273 Vaccination”, The New England Journal of Medicine.

Commentaires

4 commentaires

Une vaccination massive entraîne une réponse massive en terme de réponses de par les polarités apprises par nos différentes cellules. Et là, il serait bon de se poser une seule et bonne question de base : Le corps humain est-il à même de faire à ce que nos cellules soient enclines à faire un travail fastidieux et péremptoire, pour un corps physiologique en demande d'une incrémentation très ciblée et en rapport avec les variations de polarités des virus et parfois microbes, que nous rencontrons toute l'année de toute façon. Une vraie vaccination, se doit d'être évolutive et non involutive de par des polarités fixées par avance auprès d'un thymus ne comprenant pas les défenses fixées à l'avance et surtout, fixées par une souche ou plutôt une information basique et tronquée, stockée ensuite dans un encapsulage du système nerveux et reboutant sur la même information durant des années. Ce qui de toute façon, trompe ce système apprenant, en monopolisant des énergies et des données pour rien actuellement, sans intervenir sur le futur des variations ou le futur des combinaisons, ce qui demeure très dangereux, car empêchant ces combinaisons aléatoires et peut propices à faire le nettoyage dans le petit secteur du foie, par exemple, ce qui me fait assez peur actuellement pour la suite de l'aventure de ces vaccins assez prometteurs ...

C'est quand même dommage que la quasi-totalité (8/10) des auteurs de l'étude israélienne portant sur 600.000 personnes dans chaque cohorte (vaccinés vs. non-vaccinés) déclarent avoir reçu des subventions ("grants") de Pfizer, en dehors de l'étude en question : Balicer, Barda, Dagan, Katz, Kepten, Lipsitch, Miron, Perchik, ... Par ailleurs il est regrettable que le "Supplementary appendix" n'explique pas de façon précise pourquoi, puisqu'il s'agit de paires de patients "matchés" en fonction de plusieurs caractéristiques clés, les cohortes "à risque" vaccinés / non-vaccinés du Tableau 2 évoluent de façon différente d'une semaine sur l'autre selon les évènements documentés. Elles sont égales à 596.618 patients en début d'études pour chacune des 2 cohortes et dans tous les évènements, mais au jour 21 par exemple, elles deviennent : - 186.553 vs.187.702 pour l'infection COVID vérifiée, - 187.784 vs. 188.740 pour le COVID symptomatique, - 189.908 vs.189.972 pour le COVID avec hospitalisation, - 189.874 vs.190.000 pour le COVID sévère, - 189.950 vs. 190.032 pour le COVID avec décès ... Puisqu'il s'agit de paires "matchées" pourquoi l'exclusion d'un élément de la paire de l'une des cohortes ne provoque-t-elle pas l'exclusion automatique de sa contrepartie dans l'autre cohorte ? Et pourquoi les cohortes "à risque" fluctuent-elles autant en fonction des évènements rapportés ? Si 190.032 patients vaccinés sont à risque de mourir, pourquoi n'y en a-t-il que 188.740 pour un COVID symptomatique ? Si c'est parce que les dossiers médicaux ne remontent pas d'information pour certains patients, pourquoi a-t-on néanmoins conservé leurs contreparties dans l'étude et comment la sélection des contreparties ainsi conservées a-t-elle été effectuée ?

Bonjour Ci dessous une partie d'un article interpellant : "Le vaccin est-il la solution, ou le problème ?" Auteur : Rodolphe Bacquet - La lettre alternatif bien-être <rbacquet@mail1.alternatif-bien-etre.info> 26 août 2021 Question : Informations pertinentes ou supercherie ? Des spécialistes dans ce domaine (infectiologues, virologues ecc..) pourraient-ils y répondre ? D'avance merci Bien à vous Alessandro Pendesini - Bruxelles NB Pour voir les images correspondant aux graphiques évolutifs, je vous suggère d'aller sur leur site (see adresse plus haut) Le vaccin est-il la solution, ou le problème ? Chers amis, Le titre de cette lettre est un peu provocant, je sais. Il répond au discours du gouvernement et de l’écrasante majorité des médias qui veut que le vaccin anti-Covid soit « la seule solution pour sortir de la crise ». Je propose que vous regardiez les dernières données dont nous disposons. Et qu’à la fin de cette lettre, vous vous fassiez votre opinion. Le violent retour de bâton israélien Israël va-t-il sauver la face ? Ce pays, vous le savez, a été un « pionnier » dans la vaccination de masse de sa population. Voici les chiffres[1] de contamination en Israël à la date du 25 août 2021 : Le pays est en train de retrouver le même nombre de cas journaliers (8000) qu’au moment des tout débuts de la vaccination de masse (décembre 2020). Et simultanément le nombre de décès quotidiens en Israël est en train de repartir en flèche. Notez que le décalage entre les courbes des deux tableaux est logique : les « décès » sont la conséquence des « nouveaux cas » des semaines précédentes. En janvier, Israël promettait d’en avoir terminé avec le Covid à l’été 2021. Nous y sommes. Et non seulement l’épidémie n’est pas terminée, mais elle rebondit très fort. Nous pouvons avancer plusieurs explications : Le vaccin est inefficace contre le variant delta ; Les anticorps vaccinaux ont cessé de faire effet ; Les « nouveaux cas » ne sont pas vaccinés. Pour répondre à ce dernier point (je vais répondre aux autres ensuite), on sait que 60% des patients hospitalisés en Israël sont pleinement vaccinés (deux doses)[2]. C’est symétrique à la proportion de personnes vaccinées dans la population générale en Israël, qui est de 62,5%[3]. On peut retourner le problème dans tous les sens, le constat est le même : la vaccination de masse n’a PAS mis fin à l’épidémie. L’immunité naturelle plus forte que l’immunité vaccinale Alors : l’efficacité des anticorps vaccinaux. Cette efficacité est, vous le savez, en train de dégringoler. Non seulement face aux variants « classiques », si j’ose dire, mais également face au variant delta. Une fois de plus, c’est Israël, le pays qui a de l’avance sur le reste du monde pour apprécier l’efficacité des vaccins, qui le confirme via une importante étude scientifique. Publiée hier (25 août), cette étude compare : l’immunité des primo-vaccinés (en janvier-février 2021) avec celle des patients infectés par le Covid sur la même période. Il s’agit donc de comparer l’immunité acquise à l’immunité naturelle. Les résultats sont sans appel : les vaccinés ont 13 fois plus de chances de contracter de nouveau le Covid que les patients ayant développé des anticorps naturels[4]. « Vous êtes bien gentil Rodolphe, mais si on n’a pas eu une première fois le Covid, mieux vaut quand même se faire vacciner, non ? » Je réponds « ça dépend ». Si vous êtes un patient à risque, avec plusieurs comorbidités, et que contracter le Covid représente pour vous un risque très sérieux alors oui, il est sans doute préférable pour vous de vous faire vacciner. Si ce n’est pas le cas, non seulement vous vous exposez à un cortège d’effets secondaires, certains inoffensifs, d’autres plus graves (je vais y revenir), mais surtout vous accentuez la pression évolutive sur le virus (le fait qu’il produise des variants). Le variant delta est-il le rejeton du vaccin ? Plusieurs scientifiques avaient tiré la sonnette d’alarme au printemps dernier : « Lorsqu’on vaccine en plein pic épidémique, le virus cherche davantage à muter [5] ». Une vaccination de masse alors qu’une souche de virus circule activement peut éteindre la souche… mais pas le virus, qui est alors « forcé » de s’adapter pour échapper au vaccin. C’est ce que nous sommes en train de vivre avec le variant delta. Plusieurs études démontrent chaque semaine qu’il échappe aux vaccins première génération contre le Covid. Il sera d’ailleurs compliqué d’établir l’arbre généalogique du Covid-19. Même son origine n’est toujours pas claire (échappé d’un marché aux animaux ou d’un laboratoire, personne ne sait). Une chose est sûre : que le variant delta soit né ou non du vaccin, c’est bel et bien ce dernier qui a favorisé sa fulgurante propagation actuelle. Une étude menée par des chercheurs de l’université d’Osaka, au Japon, et disponible en pré-lecture (c’est-à-dire qu’elle n’a pas été encore relue par des pairs) donne des preuves scientifiques au fait que le variant delta échappe aux vaccins à ARN comme Pfizer-BioNTech[6]. Ce vaccin étant le plus largement utilisé en France, il est logique que le variant delta circule activement : ce n’est pas parce qu’il n’y a pas suffisamment de personnes vaccinées, mais bel et bien parce que le vaccin a favorisé sa généralisation en « éteignant » les autres souches ! Il faut donc, honnêtement, poser cette question, au moins pour le variant delta : le vaccin est-il une solution… ou, d’une certaine manière, la cause de cette nouvelle vague ? L’indigne procès fait à nos compatriotes d’outre-mer Deux choses me scandalisent dans le traitement médiatique de l’épidémie de Covid qui sévit actuellement en Martinique et Guadeloupe. La première, c’est que les Guadeloupéens et les Martiniquais sont volontiers décrits comme des arriérés superstitieux qui ont un faible taux vaccinal… En gros ils n’ont que ce qu’ils méritent. Cette condescendance est choquante ET de mauvaise foi du point de vue épidémique. Car la Guadeloupe et la Martinique ne vivent pas de quatrième vague : ils vivent leur première véritable vague. En décembre 2020, c’est-à-dire 9 mois après le début de l’épidémie, la seule Martinique totalisait 6000 contaminations et 43 décès attribués au Covid[7] - des chiffres sans commune mesure avec la France métropolitaine. En Guadeloupe les autorités avaient dû faire face à une épidémie historique… de dengue[8]. Pas de Covid. Le procès en irresponsabilité fait à nos compatriotes antillais est honteux, basé sur une méconnaissance frappante de la réalité sanitaire sur place. Deuxième chose choquante : qu’on leur reproche leur faible taux vaccinal face à un virus… contre lequel l’inutilité des vaccins (sauf personnes à fort risque de comorbidité, j’y insiste) apparaît de plus en plus clairement. Car le Covid-19 qui circule dans les Antilles, ce n’est pas le Covid-19 de l’hiver dernier, c’est le variant delta. On va faire à marche forcée une vaccination de masse contre une version de virus… absente de ces territoires ! C’est absurde. Un vaccin à problèmes Quand je demande si ce n’est pas le vaccin le problème, je suis en réalité « soft », car je devrais employer le pluriel. Il y a deux semaines, je vous parlais de la liste d’effets secondaires des vaccins Pfizer et Moderna qui s’allonge dangereusement. Un signal encourageant, c’est que l’Agence européenne du médicament est en train de lancer une étude sur ces effets secondaires. La ville de Bordeaux fait partie des « villes pilotes » pour observer l’apparition d'érythème polymorphe, de glomérulonéphrite et de syndrome néphrotique chez les vaccinés[9]. C’est nécessaire et je salue le mouvement, mais est-ce suffisant ? Car il y a plusieurs autres effets secondaires largement répandus mais dont on semble ne pas avoir le droit de parler : je pense notamment aux règles abondantes et à la perturbation du cycle menstruel dont de nombreuses femmes témoignent[10]. Alors voilà, malgré l’inefficacité désormais prouvée des vaccins contre la propagation du variant Delta, malgré la faible résistance de l’immunité acquise par les vaccins, malgré la multiplication des effets secondaires douteux… …les gouvernements sont « à bloc » pour préparer la campagne de la troisième dose. Cela me rappelle furieusement la devise du dessin animé Les Shadoks : « plus ça rate, plus ça a de chances de fonctionner ! » Un variant échappe au vaccin ? Pas grave ! On va refaire un vaccin mis à jour ! L’immunité ne dure pas très longtemps ? Pas grave ! On va revacciner ! Pendant des années s’il le faut ! Tout cela fait, entre parenthèses, les affaires des laboratoires pharmaceutiques. Et c’est nous, citoyens, qui allons financer cette fuite en avant absurde, avec nos impôts. J’ai écrit une pétition à ce sujet, que je vous invite à signer ici. En attendant portez-vous bien, Rodolphe Bacquet
Pour laisser votre avis sur cet article
Connectez-vous, rejoignez la communauté
du journal CNRS