Donner du sens à la science

En 2020, la recherche à l'ouvrage pour Notre-Dame

Dossier
Paru le 10.12.2020
Ces recherches qui ont (aussi) marqué 2020
Transcript
Fermer
Script Notre Dame
Notre-Dame de Paris.
En 2020, la phase de stabilisation de la cathédrale se poursuit suite à
l’incendie d’avril 2019.
Avec plusieurs programmes de recherche en cours, les équipes du CNRS et
du ministère de la culture sont mobilisées sur le chantier.
Pour étudier, comprendre et sauvegarder le patrimoine de la cathédrale…
Mais aussi pour poser les premières pierres de la restauration, en
collaboration avec des architectes et des ingénieurs.
Martine Regert
Coordinatrice des recherches
Chantier scientifique Notre-Dame
« L’année 2020, ça a été vraiment l’année de mise en place des
programmes de recherche. Il y a tous les aspects de la recherche, mais
il y a également comme vous le soulignez les aspects de relation avec
le chantier de restauration, la restauration elle-même n’a pas démarré.
On est en terme de restauration dans la phase encore d’urgence, de
stabilisation de l’édifice et de travail sur l’échafaudage, de démontage
de l’échafaudage, tout ça fonctionne en parallèle avec des temps
d’action assez différents que l’on articule. »
8 groupes de travail ont été créés pour étudier la cathédrale.
Ils se concentrent sur l’aspect matériel comme le bois, la pierre, les métaux
ou encore le verre.
La modélisation de la structure, visuelle ou sonore.
Mais aussi sur l’anthropologie sociale afin de mesurer l’impact de la
catastrophe sur la population.
L’objectif : ne pas perdre les informations scientifiques contenues dans les
débris et référencer les vestiges du patrimoine culturel.
Martine Regert
« Nous avons commencé à obtenir des résultats en 2020. Tout
l’écosystème numérique est maintenant mis en place, nous avons
obtenu les crédits pour le réaliser pour l’alimenter. Et donc il sera
opérationnel et ouvert à tous les chercheurs du chantier scientifique à
partir de début 2021. Donc on va pouvoir commencer à rentrer des
données, à mettre ces données en relation. D’autre part il y a un
diagnostique 3D également, en trois dimensions de l’état sanitaire de la
cathédrale qui a été réalisé. »
Parmi ces groupes, Mylene Pardeon, Brian Katz et leurs équipes travaillent
sur l’acoustique de la cathédrale. Dont l’état s’est fortement détérioré depuis
l’incendie.
Brian Katz
« Entre les mesures qu’on avait effectuées en 2015 et aujourd’hui,
l’acoustique s’est atténuée d’à peu près 20%. Donc elle est plus sèche,
moins réverbérante, donc moins riche en termes de sonorité. »
Ensemble, ils tentent de reconstituer son paysage sonore au fil des âges…
Ils prennent en compte l’impact des matériaux et du mobilier sur
l’acoustique.
Mylene Pardeon
Archéologue du paysage sonore
« Comme c’est un modèle virtuel, ça nous fait une sorte de grand navire,
de grande nef, où on peut voyager dans le temps, dans une acoustique
qui a été modifiée au fil du temps. Donc par exemple, à un moment
donné il y a eu un jubé. Est-ce que ce jubé il a eu une incidence plus ou
moins forte sur l’acoustique de Notre Dame. Donc on a huit périodes
qui ont été désignées pour qu’on puisse remonter le temps en disant :
‘comment ça sonnait en 1100? Comment ça sonnait en 1300? Comment
ça sonnait en 1400? Comment ça sonnait en 1800? Comment ça sonne
maintenant? Et comment ça peut sonner dans le futur?’ »
Siècle après siècle, les caractéristiques sonores de la cathédrale évoluent…
Comme une voix qui résonne différemment avec l’âge.
Grâce notamment à des archives et des documents historiques, Mylene
Pardeon tente de se rapprocher au plus près des sonorités qui ont habité la
cathédrale au cours du temps.
Une fois reproduites, les équipes du CNRS font résonner les sons dans la
cathédrale afin d’étudier l’acoustique du bâtiment. C’est le travail de Brian
Katz qui, à l’aide des modélisations et simulation acoustiques virtuelles,
étudie l’impact des matériaux sur la perception du son.
Brian Katz
Acousticien
« On prescrit des propriétés acoustiques à chaque surface du modèle et
on peut simuler la propagation des ondes sonores dans la cathédrale et
placer des sources virtuelles et des microphones virtuels où on veut. Et
en discutant avec les architectes on peut modifier par exemple les
problèmes acoustiques des pierres ou des vitraux ou ajouter des
meubles et voir l’impact sur l’acoustique. »
En collaboration avec des architectes et des ingénieurs, cette méthode
permettra d’adapter la restauration de la cathédrale.
Les équipes qui participeront à la restauration bénéficieront également d’un
accès à une base de données commune, issue des résultats des recherches
en cours, pour les assister dans leurs travaux.
Pour que le patrimoine de la cathédrale résonne à nouveau un jour dans le
coeur de Paris.
FIN.

En 2020, la recherche à l'ouvrage pour Notre-Dame

14.12.2020

Les chercheurs se sont mobilisés tout au long de l'année sur le chantier CNRS Notre-Dame. Sauvegarde du patrimoine matériel, modélisation de la structure ou encore études acoustiques... les programmes de recherche posent aussi les premiers jalons de la restauration, en collaboration avec des ingénieurs et des architectes.

À propos de cette vidéo
Titre original :
2020 : les chercheurs mobilisés pour Notre-Dame
Année de production :
2020
Durée :
4min49
Réalisateur :
Matthias Somm
Producteur :
CNRS Images
Intervenant(s) :
Martine Regert (CNRS)
Directrice adjointe scientifique 
à l’Institut Ecologie et Environnement du CNRS

Mylène Pardoen (CNRS)
Maison des Sciences de l’Homme Lyon St-Etienne (MSH-LSE)
CNRS / ENS Lyon / Université Lyon 3 Jean Moulin / Sciences Politiques Lyon / Université Lumière Lyon 2 / Université Jean Monnet / Université Claude Bernard

Brian F. G. Katz (CNRS)
Institut Jean le Rond d’Alembert
CNRS / Sorbonne Université / Ministère de la Culture
Journaliste(s) :

Commentaires

0 commentaire
Pour laisser votre avis sur cet article
Connectez-vous, rejoignez la communauté
du journal CNRS