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Le Giec en quatre questions

Le Giec en quatre questions

15.09.2013, par
Mis à jour le 27.01.2014
Session de travail du Giec à Stockholm en 2013
Au centre, le président du Giec, Rajendra Pachauri, ouvrant une session de travail à Stockholm, en septembre 2013.
Ce qu’il faut savoir sur le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), sur son fonctionnement et sur les rapports qu’il publie.

Qu’est-ce que le Giec ?

Créé en 1988 sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’environnement et de l’Organisation météorologique mondiale, et ouvert à tous les États membres de l’ONU, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat associe une assemblée plénière de représentants des États et la communauté scientifique. Sa mission : établir régulièrement une expertise collective scientifique sur le changement climatique. Il ne compte qu’une douzaine de salariés, installés en Suisse, à Genève. « Il fonctionne avec un budget propre d’environ 6 millions d’euros par an, explique Nicolas Bériot, secrétaire général de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), l’organisme qui pilote la délégation gouverne­mentale française au Giec. Ce budget finance les déplacements des chercheurs des pays en développement, le secrétariat central et l’édition des rapports. » Le secrétariat des trois groupes de travail est pris en charge par trois pays hôtes : pour ce 5e rapport, ce sont la Suisse, les États-Unis et l’Allemagne. Il existe également un bureau composé de 30 scientifiques élus par les délégations gouvernementales.

Qui rédige les rapports ?

Parmi les 830 scientifiques auteurs du 5e rapport, 34 travaillent en France. En début de cycle, le bureau propose le sommaire du rapport, puis choisit les auteurs parmi les candidats proposés par les États qui composeront les trois groupes de travail : le groupe I sur la science du changement climatique ; le groupe II sur les impacts et l’adaptation ; le groupe III sur la lutte contre le réchauffement. « Les auteurs ne sont pas rémunérés par le Giec pour leur participation, insiste Nicolas Bériot. Ils ne touchent que le salaire versé par leur institution d’appartenance. » « Pour le premier groupe de travail, nous avons reçu 1 000 candidatures et en avons sélectionné environ 250 », explique le climatologue Jean Jouzel1, membre du bureau du Giec. Le choix repose d’abord sur l’excellence scientifique et vise la parité hommes/femmes, une bonne répartition géographique et la meilleure participation possible des scientifiques de pays en développement.

Comment les rapports sont-ils élaborés ?

« Le travail de rédaction proprement dit dure environ deux ans et demi », observe Jean Jouzel. Chaque chapitre, écrit par une vingtaine d’auteurs, est une analyse critique des connaissances issues des publications scientifiques sur un sujet donné. Pour le premier volet du 5e rapport, les derniers résultats à pouvoir être pris en compte devaient avoir été acceptés pour publication au plus tard en mars 2013. La première version du document est diffusée auprès des scientifiques du Giec qui font leurs commentaires. La seconde est ouverte à un public plus large : n’importe quel scientifique qui peut justifier d’une compétence sur le sujet peut participer à ce processus de révision. À chaque fois, des milliers de commentaires doivent être traités par les auteurs. Parallèlement, un groupe rédige deux résumés du millier de pages que compte chaque volet du rapport. Le premier est une synthèse technique, tandis que le second est un résumé pour décideurs, le document le plus médiatisé de chaque édition du rapport du Giec.

Les États ont-ils leur mot à dire ?

Les gouvernements peuvent participer à l’élaboration du sommaire en demandant que soient détaillés certains sujets, le niveau des mers par exemple. À la fin de la rédaction, tous les textes leur sont soumis en vue de l’approbation finale et unanime lors de l’assemblée plénière du Giec. « En France, cette révision est faite par quelques dizaines d’experts et de scientifiques », indique Nicolas Bériot, qui centralise leurs remarques pour donner l’appréciation officielle de la France. Une révision qui n’a rien d’une censure. « On critique souvent cette intervention des politiques, explique Jean Jouzel. Mais, quand un pays souhaite réviser un point donné du résumé, il doit le justifier à partir d’informations contenues dans le rapport lui-même. Il s’agit donc, pour l’essentiel, de corrections de forme. »

Notes
  • 1. Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CNRS/CEA/UVSQ)-IPSL.

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du journal CNRS