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Peut-on faire confiance à l'intelligence artificielle ?

Dossier
Paru le 26.12.2017
Comment l’intelligence artificielle va changer nos vies

Peut-on faire confiance à l'intelligence artificielle ?

25.01.2018, par
HAL 9000, l’ordinateur retors du film «2001 : Odyssée de l'Espace» (Stanley Kubrick, 1968), est un bon exemple d’intelligence artificielle à laquelle les humains ont délégué beaucoup trop de responsabilités...
S’en remettre à des machines et à des systèmes d’aide à la décision peut poser de gros problèmes éthiques. Et les programmes ont beau disposer d'une logique «froide», ils ne sont pas exempts de préjugés...

« Les féministes devraient toutes brûler en enfer » et « Hitler aurait fait un meilleur boulot que le singe actuel »1, psalmodiait en mars 2016 le chatbot de Microsoft, Tay, dès son premier jour d’immersion sur Twitter, Snapchat, Kik et GroupMe, apprenant en deep learningFermerLe deep learning ou apprentissage profond est une technique particulière d'apprentissage machine utilisant plusieurs couches de réseaux de neurones (lire définition plus bas) capables d’extraire/analyser/classer des caractéristiques abstraites des données qui leur sont présentées. comment parler avec les « djeun’s ». Entraînée par les internautes qui s’amusaient à la faire déraper, l’intelligence artificielleFermerL’Intelligence artificielle (IA) correspond à des algorithmes plus sophistiqués que les autres qui permettent de résoudre des problèmes pour lesquels les êtres humains utilisent leurs capacités cognitives. C’est pour cela qu’on utilise le terme « intelligence » qui en réalité ne s’applique qu’à une aptitude humaine ou animale. L'IA comporte deux grandes approches : l’approche symbolique (lire définition plus bas) et le machine learning (ou apprentissage machine, définition ci-dessous). (IA) twitteuse a même fini par nier l’existence de l’Holocauste. Piteuse vitrine de l’apprentissage machineFermerL'apprentissage machine ou machine learning est une classe d’algorithmes d’apprentissage automatique, à partir de données, sans production explicite de règles. C’est pourquoi on les qualifie souvent de « boîte noire » : la raison pour laquelle l’algorithme parvient au résultat est inconnue., Tay a été mise hors circuit par ses concepteurs au bout de quelques heures. Mais que se passerait-il si on déléguait à des IA et autres algorithmes des décisions importantes ?

Une aide à la décision

En vérité, banques, sociétés d’assurances et directions des ressources humaines peuvent déjà tester d’efficaces systèmes d’aide à la décision pour gérer des patrimoines, calculer des primes et sélectionner des CV. Des voitures autonomes arpentent depuis des années les routes de Californie. Tandis que l’algorithme d’admission post-bac (qui a conduit au tirage au sort de certains bacheliers de la promotion 2017 pour une place en fac) n’a pas fini de faire grincer des dents. « Pour un film ou des chaussettes, ça m’est égal de recevoir des conseils de systèmes d’aide à la décision, mais je trouve plus gênant qu’ils orientent mes lectures vers des sites d’information qui peuvent conditionner mes opinions, voire être complotistes », commente Serge Abiteboul, chercheur au département d’Informatique de l’École normale supérieure2. « Et lorsqu’on se fie aux algorithmes et à l’IA (algorithme sophistiqué “simulant” l’intelligence) pour prendre des décisions qui ont de lourdes conséquences dans la vie des êtres humains, cela pose clairement des problèmes éthiques », complète-t-il.
 

Pour la libération sur parole, aux États-Unis, (...) l’algorithme gagne haut la main statistiquement et permet dans ce cas précis une justice aveugle ne tenant compte que des faits objectifs.

En la matière, la libération sur parole des détenus américains est un exemple étonnant. « Il a été démontré que la probabilité d’être libéré est très supérieure si vous passez devant le juge après déjeuner plutôt que juste avant », informe Serge Abiteboul. Des algorithmes, exempts du « syndrome » du ventre vide, ont été testés en parallèle. « Comparer leurs performances est facile car, aux États-Unis, la libération sur parole ne dépend que d’un seul paramètre : le risque que la personne s’enfuie ou récidive. » Résultat du match : « Statistiquement, l’algorithme gagne haut la main et permet dans ce cas-là une justice aveugle ne tenant compte que des faits objectifs », commente le chercheur. Mais jusqu’où aller ? Si des systèmes perfectionnés permettaient de juger d’autres cas, accepteriez-vous la décision d’une machine ?

Ce n’est pas un problème purement philosophique. En déléguant nos décisions aux algorithmes et à l’intelligence artificielle, nous ne perdons pas seulement notre dignité humaine (ce qui n’est pas rien !) : ces systèmes ont eux aussi leurs failles. « Le deep learning, technique parmi d’autres en intelligence artificielle, est à la fois celle qui occasionne le plus d’applications spectaculaires et qui présente un inconvénient majeur : on ne sait pas en expliquer les résultats. Ce sont des réseaux de neuronesFermerCes neurones sont des fonctions mathématiques qui, à partir des valeurs numériques reçues en entrée (connexions entrantes), calculent une valeur numérique de sortie (connexion sortante). Ils sont des représentations simplifiées des neurones biologiques du cerveau humain. Connectés en réseau, ils permettent de simuler numériquement le fonctionnement d’unités de calcul reliées entre elles par des connexions modifiables. qui fonctionnent comme des boîtes noires », souligne Sébastien Konieczny, chercheur au Centre de recherche en informatique de Lens3. Avec cette forme d’intelligence artificielle en effet, on ne reconnaît pas un chat parce qu’« il a deux oreilles, quatre pattes, etc. » (raisonnement humain composé de règles et dicté à la machine), mais parce qu’il ressemble à une foultitude d’autres chats dont on aura fourni les images à la machine pour l’« entraîner ». Quant à savoir quelles ressemblances font tilt pour celle-ci, mystère et boule de gomme.

« Or, il serait bon d’expliquer les raisons qui président aux choix importants, afin d’être en mesure de les justifier. Et garantir ainsi à chacun un traitement équitable », rappelle Raja Chatila, directeur de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique4. Pourrait-on rendre ces systèmes plus transparents ? « Il y a des recherches sur “l’explicabilité” de ces boîtes noires, notamment financées par la DARPA »5, répond le chercheur. « Mais les réseaux de neurones ne sont que des calculs numériques : je ne vois pas comment on pourrait en extraire des concepts », observe Sébastien Konieczny. Or, personne n’acceptera de se voir refuser un prêt ou un poste intéressant à cause de la connexion 42 du réseau de neurones hélas inférieure à 0,2…

Les machines « contaminées » par nos préjugés

Pire encore : les machines ont beau disposer d’une logique froide, elles n’échappent pas aux préjugés. En matière d’apprentissage, « Tay-la-révisionniste » n’est pas la seule mauvaise élève. En avril 2017, la revue Science révélait les catastrophiques stéréotypes racistes et sexistes de GloVe, une intelligence artificielle « nourrie » de 840 milliards d’exemples piochés sur le Web en quarante langues différentes dans le but de faire des associations de mots. « Si un système est entraîné sur une masse de données issues de discours humains, rien d’étonnant à ce qu’il en reproduise les biais », indique Sébastien Konieczny.

En mars 2016, Tay, le chatbot de Microsoft fondé sur l'apprentissage machine, s'est mis à tweeter des messages racistes et sexistes en un temps record et fut désactivé au bout de quelques heures.
En mars 2016, Tay, le chatbot de Microsoft fondé sur l'apprentissage machine, s'est mis à tweeter des messages racistes et sexistes en un temps record et fut désactivé au bout de quelques heures.

Même problème pour les prêts bancaires. « Le système peut apprendre à partir des dix années précédentes à qui l’on a accordé un prêt et à quel taux, selon son salaire, sa situation familiale, etc. Mais il reproduira les biais des décisions humaines de cette période : alors si les minorités ethniques payaient des intérêts plus élevés par exemple, cette injustice se perpétuera », souligne Serge Abiteboul. « Le concepteur de ces systèmes n’est pas seul en cause, celui qui l’entraîne est également responsable en cas de dérive », complète le chercheur. Or, il sera impossible d’anticiper tous les biais potentiels. En particulier pour les systèmes conçus pour apprendre en permanence afin de s’améliorer, comme « Tay-la-langue-de-vipère » qui se modifiait en imitant ses malicieux interlocuteurs. Avant de déployer le deep learning à grande échelle, il serait bon de lui inculquer quelques règles « morales ».

 

Le monde numérique s’est développé si vite qu’il en est encore au stade du western : les injustices foisonnent, l’État ne comprend pas assez bien pour légiférer correctement, et les citoyens sont perdus.

« Dans un réseau de neurones, méthode purement numérique, on ne peut ni coder ni dicter de règles d’éthique, comme imposer que le résultat ne dépende pas du sexe, de l’âge, de la couleur de peau… Mais c’est possible avec une approche symboliqueFermerDémarche de l'intelligence artificielle qui consiste à modéliser des tâches intellectuelles par la manipulation des symboles représentant des connaissances ou des processus cognitifs élémentaires, et ce via des règles logiques. Cette approche est donc fondée sur des règles dictées par l’humain programmeur, au contraire de l'apprentissage machine (ou machine learning) qui est l'autre grande approche utilisée en IA (lire définition plus haut). qui, elle, est faite de règles rédigées par le programmeur », commente Sébastien Konieczny. « Une solution serait d’hybrider les systèmes d’apprentissage avec des prescriptions que la machine serait contrainte de respecter », complète Jean-Gabriel Ganascia, président du Comité d’éthique du CNRS et chercheur au Laboratoire d’informatique de Paris 66 (lire l'encadré  ci-dessous). « Notez que l'on ignore si c’est possible techniquement car les deux approches sont intrinsèquement différentes, souligne Sébastien Konieczny. C’est justement l’un des gros défis à venir en intelligence artificielle. »

Autre question à résoudre : qui décidera des règles à implémenter ? « Certainement pas les informaticiens, répond Serge Abiteboul. « Ce ne devrait pas être à eux de décider comment mettre au point l’algorithme qui calcule le sort des bacheliers, tout comme ce ne devrait pas être à Google de décider d’interdire des sites extrémistes ou de fake news, déplore le chercheur. Le monde numérique s’est développé si vite qu’il en est encore au stade du western : les injustices foisonnent, l’État ne comprend pas assez bien pour légiférer correctement, et les citoyens sont perdus, résume-t-il. La loi relative au renseignement de juillet 2015 en est un tragique exemple. La majorité des informaticiens étaient contre car ils en comprenaient les conséquences. Politiques et citoyens qui l’ont votée ou laissé voter peuvent ne pas être d’accord avec nous, bien sûr, mais je doute que ce soit en connaissance de cause », regrette-t-il.

Si une voiture ou un robot autonome provoque un accident, qui est responsable ? Pour Jean-Gabriel Ganascia, il faut se méfier de la notion de «personnalité électronique» que l'on accorderait aux machines (lire encadré plus bas).
Si une voiture ou un robot autonome provoque un accident, qui est responsable ? Pour Jean-Gabriel Ganascia, il faut se méfier de la notion de «personnalité électronique» que l'on accorderait aux machines (lire encadré plus bas).

« Pour ce qui est de l’intelligence artificielle et de certaines recherches dans le numérique, il faudrait créer des comités d’éthique opérationnels spécifiques, à l’image de ceux qui, en biologie par exemple, nous aident à évaluer les limites à ne pas dépasser et cadrer certains travaux face aux dérives qu’ils engendreraient », complète Raja Chatila, qui est aussi membre de la Cerna7. Mais le temps de la réflexion est souvent plus long que celui de l’innovation technologique. Au sujet de la très médiatique voiture autonome, une logique utilitariste (sauver le plus de personnes possible quitte à sacrifier le conducteur), elle-même discutable, aura sans doute du mal à faire le poids face aux logiques de vente : en 2016, un responsable de Mercedes annonçait ainsi qu’il fallait protéger les passagers en priorité. Alors que le ministère des Transports allemand, pressé de prendre position, a présenté en septembre 2017 un rapport d’experts en intelligence artificielle, en droit et en philosophie, qui recommande de donner la même valeur à tous les humains, quels que soient leur âge, leur sexe, etc.

Maintenir la responsabilité du côté des humains

En attendant les décisions et les solutions techniques pour les injecter dans les systèmes d’apprentissage, de nombreux chercheurs s’accordent sur un point : il faut laisser à l’humain la décision finale dans les cas délicats. « À part la voiture autonome et quelques autres exemples, qui nécessitent des réactions en temps réel, les résultats proposés par les systèmes d’aide à la décision autorisent presque tous le temps de la réflexion. On pourrait donc s’inspirer de la façon dont sont prises certaines décisions, dans le domaine militaire notamment, via des protocoles codifiés impliquant plusieurs acteurs », fait ainsi remarquer Jean-Gabriel Ganascia.

«Le véritable danger, c’est nous  ! Lorsque (...) nous déléguons les décisions et notre autonomie à la machine. Laisser les agents autonomes ultra–rapides aux commandes de la Bourse a ainsi sans doute conduit à la crise de 2008», commente Jean-Gabriel Ganascia.
«Le véritable danger, c’est nous  ! Lorsque (...) nous déléguons les décisions et notre autonomie à la machine. Laisser les agents autonomes ultra–rapides aux commandes de la Bourse a ainsi sans doute conduit à la crise de 2008», commente Jean-Gabriel Ganascia.

Reste un léger problème : on a déjà largement observé, chez les pilotes d’avion en particulier, que l’humain croit presque toujours les machines plus pertinentes que lui, grâce aux énormes quantités d’informations dont elles disposent. Dès lors, qui osera aller contre leurs verdicts ? « Si nous n’en sommes pas capables, il ne faut pas les utiliser. Nous devons prendre nos responsabilités. Et si quelqu’un se défausse sur la machine, ce sera sa décision… et il en sera responsable », insiste Raja Chatila. « On peut aussi imaginer configurer les systèmes pour qu’ils donnent plusieurs solutions, si possible avec les raisons associées et leurs conséquences (à condition que les recherches sur l’explicabilité progressent), et laisser l’humain choisir parmi elles », propose Sébastien Konieczny. Mais pas question de démissionner. Sinon nous pourrions finir comme les humains du roman de Pierre Boulle8, devenus trop paresseux et trop bêtes pour conserver leur autonomie et leur liberté à force de laisser travail et responsabilités aux singes...
 

Le véritable danger, c’est nous ! Lorsque, par ignorance ou par facilité, nous déléguons les décisions et notre autonomie à la machine. (...) L’asservissement à la machine est bien moins important que l’asservissement à la compagnie privée qui la contrôle.

Là est bien le danger. Pas dans les fantasmes made in Hollywood de prise de pouvoir par des machines rebelles et malveillantes. « Cela correspond à ce qu’on appelle la "singularité"FermerMathématiquement, le terme "singularité" correspond à un point d’inflexion dans la courbe qui présente l’évolution de la technologie en fonction du temps, sous forme logarithmique. Ce terme est aussi utilisé pour évoquer un moment où la croissance technologique accède à un ordre supérieur, notamment lorsque des intelligences artificielles (IA) dépasseraient les humains qui les ont créées. Très critiquée pour son manque de solidité scientifique, la "singularité" est prédite pour les années 2030 par certains futurologues et transhumanistes., cela n’a aucun fondement scientifique et ce n’est pas près d’arriver, contrairement à ce que prétendent certains cadors de l’industrie numérique et transhumanistes. Le véritable danger, c’est nous ! Lorsque, par ignorance ou par facilité, nous déléguons les décisions et notre autonomie à la machine, martèle Jean-Gabriel Ganascia. Laisser les agents autonomes ultra–rapides aux commandes de la Bourse a ainsi sans doute conduit à la crise de 2008. Mais il y a une confusion à cause du terme “autonome” : au sens technique, cela ne veut pas dire qu’une machine définit ses propres objectifs. Cela veut seulement dire qu’elle peut atteindre sans intervention humaine un objectif donné, celui-ci ayant bel et bien été fixé par l’humain-programmeur. »

Les robots ne sont ni gentils ni méchants et n’ont pas le moindre projet personnel. Ils font ce qu’on leur a dit de faire. Et nous pouvons les débrancher si certains effets pervers non prévus apparaissent en cours de route. « Les peurs irrationnelles de prise de pouvoir par les machines masquent des enjeux politiques et économiques majeurs », reprend Jean-Gabriel Ganascia. « L’asservissement à la machine est bien moins important que l’asservissement à la compagnie privée qui la contrôle », souligne-t-il. Le chercheur s’inquiète du glissement du pouvoir des États vers les big companies, fortes de milliards de données sur les citoyens, et bientôt plus encore via les futures applications dotées d'IA analysant tous nos comportements pour mieux nous assister. « Et tout ça en se cachant derrière un pseudo-moratoire sur l’éthique »9, s’agace le chercheur. Politiques, industriels, citoyens, il est urgent que chacun s’y intéresse, pour être en mesure de décider des limites éthiques à poser et bâtir le meilleur des mondes numériques possible.♦
 

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Des robots au banc des accusés ?

Si une voiture autonome a un accident, qui est responsable ? « La responsabilité dérive de la notion de personnalité juridique », explique Jean-Gabriel Ganascia. Dans deux des textes qui se mêlent de robotique en Europe10, on propose d’en donner une aux machines les plus sophistiquées (le texte évoque une « personnalité électronique »). Objectif : leur faire rembourser les dommages qu’elles ont causés (sauf cas grave ou mortel qui relèvent du pénal). « Dans ce cas, pour indemniser les victimes, il faudra créer un fonds assurantiel alimenté par les entreprises qui fabriquent ou possèdent les machines », explique-t-il, car les robots eux-mêmes sont évidemment sans le sou… « C’est vraiment la pire chose à faire, alerte le chercheur, car indemniser les victimes dans les cas mineurs a un effet pervers : on fera l’économie d’une enquête destinée à identifier les causes et à prévenir d’autres accidents, peut-être plus graves. Or, les machines autonomes impliquent des processus différents des produits classiques. » Par exemple, vous savez qu’en agitant frénétiquement un marteau en l’air, vous risquez de vous assommer, voire que le manche se démonte. Vous, comme le fabriquant, pouvez en être tenu pour responsable, mais au moins tout le monde sait à peu près à quoi s’attendre en utilisant l’outil. « Tandis qu’une machine qui apprend peut se reprogrammer de manière dynamique en fonction de l’environnement dans lequel elle évolue et de façon parfois imprévisible », rappelle le chercheur. « Au lieu d’indemniser sans enquête, il serait préférable d’analyser les causes des accidents afin de déterminer qui, de l’utilisateur, du fabriquant ou du "concessionnaire", ayant mal entraîné le robot, est responsable », conclut-il.
 

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Programmer la « morale » en langage machine

La logique classique n’est pas d’un grand secours pour formaliser des règles d’éthique : trop rigide, elle se limite à des « vrai » ou « faux », et des « si ceci » alors « faire cela » ou au contraire « ne pas le faire ». « Or, en éthique, on se retrouve souvent coincé entre plusieurs injonctions contradictoires », explique Jean-Gabriel Ganascia. Par exemple, vous pouvez devoir mentir pour empêcher un assassinat. Ou encore franchir une ligne blanche pour éviter de renverser un piéton. « En cas de contradictions ou de dilemmes, il faudrait induire des préférences entre plusieurs “mauvaises” actions, avec des coefficients de pondération par exemple », poursuit Jean-Gabriel Ganascia. « Pour ce faire, plusieurs projets de recherche se fondent sur la logique déontique, ajoute Raja Chatila. Ses opérateurs modaux permettent de formaliser des possibilités facultatives, c’est-à-dire des actions autorisées mais qui ne seront pas forcément réalisées. On peut aussi utiliser une approche probabiliste, par exemple en tenant compte de la probabilité que ce que je distingue dans le brouillard est bien un piéton. Alors les prédicats ne sont pas soit “vrai” soit “faux” mais “peut-être vrai” ou “peut-être faux” selon une distribution de probabilité », conclut-il.

Cet article a été publié dans le numéro 3 de la revue Carnets de science.

À Lire sur notre site  : le dossier « Comment l'intelligence artificielle va changer nos vies »
 
Pour aller plus loin :
Le Mythe de la singularité. Faut-il craindre l’intelligence artificielle ?, Jean-Gabriel Ganascia, Le Seuil, 2017.
Le temps des algorithmes, Serge Abiteboul et Gilles Dowek, Le Pommier, 2017.

 
 

Notes
  • 1. Tay faisait vraisemblablement référence à Barak Obama, alors président des États-Unis.
  • 2. Unité CNRS/École normale supérieure Paris/Institut national de recherche en informatique et en automatique.
  • 3. Unité CNRS/Université d’Artois.
  • 4. Unité CNRS/Université Pierre-et-Marie-Curie/Inserm.
  • 5. La Defense Advanced Research Projects Agency (Agence pour les projets de recherche avancée de défense) est une agence du département de la Défense des États-Unis.
  • 6. Unité CNRS/Université Pierre-et-Marie-Curie.
  • 7. Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique d’Allistene.
  • 8. La Planète des singes, 1963.
  • 9. En septembre 2017, Google, Facebook, Amazon, Microsoft et IBM ont créé le « Partnership on artificial intelligence to benefit people and society » pour définir de « bonnes pratiques », notamment en matière d’éthique.
  • 10. Résolution du 16 février 2017 et avis du Comité économique et social européen sur l’intelligence artificielle adopté le 31 mai 2017.
Aller plus loin

Auteur

Charline Zeitoun

Journaliste scientifique, autrice jeunesse et directrice de collection (une vingtaine de livres publiés chez Fleurus, Mango et Millepages).

Formation initiale : DEA de mécanique des fluides + diplômes en journalisme à Paris 7 et au CFPJ.
Plus récemment : des masterclass et des stages en écriture de scénario.
 

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1 commentaire

L’homme sait L’ordinateur ne sait rien Comment est-il possible que d’un ensemble de messages physico-chimiques, aussi aveugles que les zéros et 1 en informatique, émerge une conscience ? Nous sommes conscients de nous-même, c’est le moi, et conscients d’être conscients. Nous savons que nous savons ce que nous savons. Un ordinateur sait puisqu’il a stocké en mémoire des millions d’informations. Mais il n’en est aucunement conscient. Un ver de terre est conscient, mais n’en sait rien et se limite à une perception de son environnement immédiat relatif à sa survie. Mais peut-on parler de conscience dans ce cas ? N’est-il pas qu’une sorte de robot biologique ? Oui et non, je postule qu’il possède bel et bien une conscience, infime cela va de soi, et de type non-réflexive, il l’est sans le savoir. Appelons cela une conscience primaire faible. De là découle qu’être conscient et savoir (pris dans le sens d’une mémoire recelant des informations) semblent à priori deux choses différentes. Contrairement à un ordinateur, le savoir humain est un vrai savoir, en ce sens qu’il a du sens. Il signifie quelque chose pour l’intéressé, ça lui parle, il sait qu’il sait et ce que cela signifie. L’homme comprend, c’est à dire qu’il prend avec. Et avec quoi d’autre que son esprit ? Il saisit la chose en conscience qui est science avec. Si bien que l’objet concret et forcément peu ou prou abstrait qu’il saisit s’intègre à son intelligence au point qu’il est impossible de les distinguer. Chez l’homme, conscience et savoir sont la même chose à postériori, en ce sens que sa conscience se nourrit et s’accroit avec son savoir. Sa pensée alors dépasse le champ de ses expériences immédiates. Il peut se représenter la planète Mars ou une galaxie lointaine en sachant ce dont il s’agit, penser l’espace-temps, la gravitation et toutes sortes de concepts. Un ordinateur ayant toutes ces données en mémoire, n’en sait rien, ne se représente rien. Se re-présenter c’est présenter à soi-même et pour cela encore faut-il qu’il y ait un « soi-même ». Parler d’intelligence « artificielle » c’est comme parler de fleurs artificielles ; ça ressemble mais ça n’en est pas. Il y a dans l’intelligence humaine une profondeur infinie qui la dépasse et la dépassera à jamais. Appelons conscience secondaire, au carré, ou puissance n, la conscience de savoir que l’on sait, qui est le substrat de tous les savoirs. Elle permet la réflexion qui est reflet, la conscience se réfléchit elle-même comme dans un jeu de miroirs à l’infini. Elle s’assimile à un jeu de lentilles en optique concentrant ou dispersant la lumière et elle est typiquement humaine. Elle permet la conscience de soi radicalement différenciée de l’autre (le « même » et « l’autre » de Platon) ; c’est l’individualisation. Les animaux supérieurs l’ont un peu aussi mais de façon beaucoup moins nette. L’instinct domine. Certes ils se battent mais ont-ils clairement conscience de se battre ? La conscience de l’espèce et l’automatisme étant plus développés, elle n’est pas réflexive, puisque la réflexion est le discours intérieur implicite ou explicite que nous tenons à nous-même (le fameux « reflet »). La relation avec soi et l’environnement ne passe pas par les mêmes « circuits » Le cogito de l’homme est unique et n’est pas généré par le cerveau qui n’est qu’un support permettant la relation terrestre et charnelle. Le non-être (qui est chose) ne peut engendrer de l’être Car un ordinateur si puissant et sophistiqué soit-il reste une chose et la conscience est du domaine de l’être. Entre chose et être il y a un mur ontologique infranchissable. Le non-être (qui est chose) ne peut engendrer de l’être, ainsi que de rien rien ne peut naitre. Une chose est de conscience zéro. Entre l’état zéro et une unité quelconque si petite soit-elle il y à l’ infini. Vieux rêve de Pygmalion que de rendre une statue vivante et pensante, la science va le réaliser ! Nous allons créer des machines (nous y sommes déjà) qui donneront l’impression, la presque parfaite illusion, d’être vivantes et pensantes, mais ne le seront pas. Bien sûr certains prétendent le contraire. « Et l’homme créa la machine à son image » voilà la Bible du futur, mais elle ne sera pas. Car de tout ce qui existe sur terre, dans l’univers, ou les multivers s’il y en a, seul l’homme (ou des êtres plus évolués) possède une âme consciente d’elle-même, et en son libre arbitre, capable d’opinions, d’idéaux, de philosophies, de pensées abstraites etc. Conscient qu’il sait ce qu’il sait et capable d’en faire ce qu’il veut. La conscience n’est pas un phénomène de physique. Il est aujourd’hui question « d’une physique de la conscience » sans se douter le moins du monde que cette expression est un oxymore. C’est comme parler du corps de l’esprit. Il y a bien un corps réceptacle de l’esprit mais l’esprit lui-même est par nature hors de toute corporalité et de toute matière, onde, énergie, particule ou ce que vous voulez, que la physique étudie, expérimente et manipule. Ces phénomènes observés ou pas mais au minimum théorisables selon des lois physiques, son des forces « aveugles » des choses de conscience zéro. Or quel que soit l’organisation et la multiplication de ces « choses » zéro puissance N fait toujours zéro. Une information physique, du type de ce qui circule dans les tuyaux d’internet, ou au sein d’un ordinateur, n’a rien à voir avec de la conscience, laquelle n’est pas que de la simple information, Elle est infiniment plus que ça. Je dirais avec Roger Penrose que la conscience ne peut se réduire à des calculs et des algorithmes en bits ou cubits ni en champ d’énergie. A moins de parler « d’énergie de conscience », concept qui n’existe pas (par définition) en physique puisqu’elle n’étudie que des phénomènes physiques, alors qu’il est question de phénomènes psychiques. Cependant la conscience est nécessairement faite d’une substance mais qui ne peut être assimilée à ce qui est tangible et observable. Tout ce qui existe est fait d’une substance, seul le néant n’en a aucune. Mais cette substance est au-delà de la physique elle est méta-physique, Il faudrait découvrir une science de l’esprit, une « science de l’âme », (à ne pas confondre avec la psychologie) Pourtant certains chercheurs s’obstinent. Ils ont tort mais cependant raison d’essayer. Il faut aller au bout de son erreur pour s’apercevoir que s’en est une. A défaut de percer le mystère insondable de la conscience, ce sera certainement l’occasion de découvertes intéressantes, Objets inanimés avez-vous donc une Âme ? De ce qui est 100% chose, aucune conscience ne peut émerger. De même que de rien, rien ne peut naître. Mais la chose absolue existe-t-elle ? Si de ce qui est chose peut émerger une conscience, c’est qu’elle est plus qu’une simple chose, mais déjà le commencement d’un être, qu’elle n’est pas de conscience zéro. La matière renfermerait en son sein intime quelque propriété de conscience si infime soit-elle ? Un caillou, une particule, une énergie, une onde bref toutes ces choses de la nature physique, ne sont-elles pas des formes de conscience, de volonté, au plus bas niveau, le niveau visible et tangible ? De la conscience réduite à l’état de presque chose, mais pas tout à fait. Dans ce cas il n’existe finalement que de l’esprit et rien d’autre. La matière serait le stade ultime de sa manifestation, une sorte de condensation. Il est vrai que la notion de matière ne cesse d’évoluer. Il y a gros à parier que les lois physiques et mathématiques soient l’expression d’une volonté. Il n’y aurait donc pas de dualité entre esprit et matière, Ce serait deux états d’une même réalité. Mais la physique en général se pose-t-elle la question de savoir si telle ou telle particule, onde ou champ d’énergie relève de l’être, de la chose ou de l’un et l’autre mélangés ? Pourtant c’est une question absolument fondamentale. Savoir d’un « objet » quel est son statut sur l’échelle de la conscience, est-ce zéro, ou un quantum quelconque est vital pour une avancée vers une science de l’esprit. D’ailleurs il semble bien qu’en physique quantique, des « objets » ne se comportent pas comme étant de conscience zéro. Partons du principe qu’une chose absolue n’existe pas. Que rien n’est de conscience zéro. Qu’il y a en tout au moins une infime conscience, presque rien mais pas rien. Il n’en reste pas moins qu’un problème majeur se pose à « l’ordinateur conscient ». Quand bien même il n’y aurait pas de « mur » entre esprit et matière, la transformation de l’un vers l’autre n’est pas « ascendante » mais « descendant » La matière n’est pas le commencement de l’esprit mais le contraire, sa fin ultime. On connait la citation de Luis Pasteur « un peu de science éloigne de Dieu mais beaucoup de science y ramène. L’esprit « descend » jusqu’à être matière, celle-ci par contre ne peut être transformée, combinée ou manipulée d’une façon quelconque pour « s’élever » vers l’esprit. En fait ces deux états sont concomitants. Esprit et matière existent en parallèles depuis au moins le big bang (si big bang il y a eu). Il n’y a pas de transformation dans le temps. L’esprit ne devient pas matière, il est de tout temps aussi matière. Ces deux états de la même chose sont immuables depuis le « début ». Cependant l’essence précède l’existence, et non le contraire. Ainsi de même que l’esprit ne devient pas matière (dans le temps) la matière ne peut devenir ou engendrer de l’esprit plus qu’elle n’en a déjà, c’est-à-dire infiniment peu ou pas du tout. Cela aucune technologie ne le rendra possible. La matière n’est pas éternelle Certains théoriciens n’hésitent pas à dire le plus tranquillement du monde, comme si c’était banal et allait de soi, que la matière a toujours existé, en ce sens qu’avant le big bang il y aurait eu un autre univers et un autre big bang, ou encore qu’il y a des multivers etc. Ceci à l’infini. Arrêtons-nous un instant sur cette pensée : est-ce qu’on la mesure bien ? Dire que la matière est éternelle (puisqu’elle a toujours existé sous une forme ou une autre, onde, énergie etc..) relève du prodige, un prodige qui dépasse toute science connue des hommes. C’est lui attribuer une propriété magique, métaphysique. Car en physique tout ce qui est observé a un commencement et une fin. Bien sûr il y a la fameuse citation « rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme » mais ce postulat s’applique dans un intervalle de temps, fût-il très grand. Penser que la matière n’a aucun commencement donne le vertige. Il y a de quoi devenir fou tant cela heurte l’entendement, et ça le heurte à juste titre. Néanmoins certains n’hésitent pas à se lancer dans cette spéculation surréaliste mais néanmoins nécessaire si on élimine Dieu. Evidemment beaucoup diront que ça n’est pas plus surréaliste que de croire en Dieu. Néanmoins croyants et non-croyants seront d’accord pour reconnaître qu’il y a nécessairement quelque chose d’éternel ; soit la matière, soit l’esprit, soit les deux. Considérons la matière. Sans Dieu créateur et sachant qu’elle n’a pas pu s’auto-engendrer comme nous le verrons plus bas, le seul corollaire possible est que son existence soit éternelle. En a-t-on la preuve ? Evidemment non, mais puisqu’elle est là et que Dieu n’existe pas, alors forcément… Question : qu’est-ce qui autorise à éliminer l’hypothèse de Dieu ? Son inexistence est-elle démontrée ? Non pas plus que son existence excepté que l’intelligence penche plus en sa faveur. En effet il est beaucoup plus vraisemblable que ce qui est éternel c’est-à-dire hors du temps ou au-delà du temps, ne soit pas de ce monde où tout ce qui existe est inséparable du temps. Oh temps suspend ton vol L’éternité n’est pas une propriété physique, car l’éternité est l’absence de temps. Le temps fixe le cadre et les limites de la physique, celui du monde phénoménal. Je vois les choses ainsi : en référence à Platon, il y a le cercle ou la sphère (cosmique et purement intelligible) du « même » qui est par définition éternel ou intemporel, et le cercle de « l’autre » qui est le devenir. Sa concrétisation dans le monde matériel est le temps cyclique. L’idée qu’avant le big bang, il y a eu une infinité d’autres big bangs et d’univers, ceci à l’infini, me semble assez correcte. J’ajouterai qu’entre la fin ultime d’un univers donc du temps et la naissance d’un nouveau, il y a un « non-temps » impossible à mesurer donc, que j’appelerai par analogie à la mythologie Hindo-tibétaine « Manvantara ». Cette « période de non-temps » incommensurable et impossible à comprendre par le raisonnement, a pour corollaire que le temps et l’univers sont cycliques comme le pensaient les grecs à juste titre. C’est l’éternel retour. Un univers naît et avec lui le temps, puis il meurt et le temps cesse. Passe ensuite un manvatara au terme duquel un nouvel univers apparaît et avec lui à nouveau le temps et ainsi de suite. Le temps « naît » « meurt » et « renaît » comme tout ce qui est dans la sphère du devenir. Ainsi ce monde et le temps sont synonymes. La matière dans toutes ses variantes est faite de l’étoffe du temps. Or l’univers que nous connaissons est en dissolution, évidemment sa fin n’interviendra pas avant des milliards d’années. Si donc quelque chose est éternel, c’est un être et il est impossible que la matière soit incréée. S’il y a eu un big bang il y a bien eu un commencement et à la fameuse question « qu’y avait-il avant » c’est-à-dire au cours du dernier manvantara ? Il n’y avait rien excepté un être. Par contre on peut se demander ce qu’il y avait, non avant le fameux big bang, mais avant le dernier manvantara, ce qui sera plus juste, et la réponse sera : l’univers précédent. Ceci est comparable à une respiration à l’échelle cosmique. Rien ne peut être éternellement sans volonté (et le pouvoir de cette volonté) introduisant le nombre, la proportion, l’ordre, la loi immuable (mathématique, scientifique) qui réside dans les choses et les consciences. Le théorème dit de Pythagore, par exemple, établit une relation dont l’existence est hors du temps et d’un espace réel. Point n’est besoin que l’homme la terre ou l’univers existent ni qu’aucun triangle rectangle concret ne soit tracé. C’est un principe que l’homme n’a pas inventé mais découvert, comme toutes les propriétés des nombres et des lois de la science. Ce sont des choses intelligibles qui se traduisent dans le sensible. D’aucuns diront que l’intelligible est pensé donc engendré par l’intelligence humaine et qu’en dehors de celle-ci, rien ne l’est, rendant ainsi l’homme tout puissant, égal à un dieu, mais un dieu mortel. Pour ma part je prétends que U=RI (autre exemple) existe en dehors de l’homme. Peu importe que U, R, I, s’appellent autrement ou ne s’appellent pas ; la relation est et sera toujours tant qu’il y aura un fluide que nous appelons électricité et autre chose que nous appelons résistance dans la nature. Mais encore quand bien même il n’y aurait jamais eu d’électricité ni de résistance, la simple possibilité que ces choses existent a pour corollaire le principe purement intelligible de leur relation. Ainsi l’homme n’invente aucune loi des nombres et de la nature. Elles sont de tout temps et en dehors de lui. Or s’il y a des lois, des rapports des proportions, bref de l’éternellement intelligible, qu’il y ait ou non des hommes pour les découvrir, c’est qu’il y a de l’intelligence éternelle. « Le connaisseur, la connaissance et le connaissable ne sont qu’un » (Patanjali) Sans Dieu le monde serait totalement inintelligible, chaotique et tout simplement impossible, il est le fruit d’une volonté ou n’est pas. Mais beaucoup disent que ces lois sont le fruit du hasard. Ce sera sans commentaire tant la chose est ridicule. Les philosophes patentés diront que ce genre de raisonnement est quelque chose en isme, de l’idéalisme, du déisme, du déomorphisme ou que sais-je. Peu importe les étiquettes ! L’imagination humaine a besoin de classer et rationnaliser. Encore une preuve qu’un principe ordonné existe ! Le corollaire de la volonté du « même » est l’absence de temps, car le temps implique le devenir, ce qui devient « autre », donc le changement. Dans l’éternel présent rien ne « devient » ne se transforme, l’être se maintient. Ces deux notions temps et éternité sont antinomiques, et cependant coexistent. Le concept d’éternité évoque quelque chose de surnaturel de métaphysique ou ce que vous voulez du même ordre, en tout cas rien de naturel. Avant le big bang (durant le manvantara) il n’y avait aucune énergie au sens de ce qui relève de la physique. Néanmoins il y en avait une de nature spirituelle. qui échappe et échappera pour longtemps aux physiciens en tant que tels. Car nous sommes nous-même dans le temps et le devenir comme des poissons dans l’eau. Pire nous sommes faits de cela. Par conséquent nous voyons partout du temps et du devenir. En réalité le temps n’existe pas et ne peut donc être ni plus court ni plus long. La théorie de la relativité n’est possible que relativement à l’homme dont les instruments de mesures, faits à son image, et sa pensée elle-même sont eux aussi soumis au temps, mais dans une réalité supérieure, ce n’est qu’un amusement d’école maternelle qui se révèle totalement faux. L’hindouisme et le bouddhisme nomment cela avec raison, mirage et illusion de ce monde. Par contre il est possible de dire que cet univers est presque éternel, et ce presque change tout. Le temps est l’image mobile de l’éternité (Platon) laquelle ne peut être que l’attribut d’un être hors du devenir, non de la « chose » qu’est l’univers, à moins qu’il n’en soit pas une. Celui que l’on appelle Dieu ne pense pas dans le temps comme nous. Pas de discours intérieur, de raisonnements allant d’un sujet à l’autre. Sa méditation, son vouloir et sa connaissance sont immuables et d’une union parfaite. Il EST et sa création devient A-t-il créé des êtres subalternes pour agir en son nom et transmettre sa volonté dans ce monde temporel ? C’est tout à fait possible. Ainsi il pourrait y avoir une hiérarchie, Dieu « le patron » coexistant avec des dieux secondaires, les « cadres de direction » et d’autres en dessous, etc. jusqu’à l’homme, les animaux, les plantes, les minéraux. En tout cas si j’étais Dieu, c’est ce que j’aurais fait. L’univers ressemble peut-être à une gigantesque entreprise, mais à but non lucratif, disons spirituel, pour le bien, le beau, le vrai. Quoi ? Si Dieu existait il se manifesterait ? Mais il ne fait que ça ! Il est vrai qu’un aveugle de l’esprit ne voit rien. Quoi encore ? Il n’y aurait pas tant de misère et d’horreurs ? Là je regrette mais dire cela c’est être conditionné par les discours des religions à commencer par le catholicisme. Quand j’emploie le mot « dieu », je n’y mets aucune connotation religieuse c’est-à-dire que je ne l’anthropomorphise pas. Je ne lui prête ni bonté, ni colère, ni quelque affection humaine que ce soit. Je le crois bon et juste mais pas au sens que nous donnons communément à ces mots ; ce serait plutôt un sens « mathématique ». Il n’est quand-même pas si difficile que ça d’envisager que la conscience qui crée et maintien un univers (ou des multivers si vous voulez) est bien au-delà de nos pensées et affections humaine. Dieu pense et connait par intellection pure et immuable, hors du temps. En tout cas il est à la portée de quiconque de concevoir qu’il considère toute chose AUTREMENT que nous. Pourquoi a-t-il créé l’homme dans ce cas ? Sans doute pour le servir c’est-à-dire être ses yeux ses oreilles et ses bras en ce monde temporel où sa conscience ne descend pas, bien qu’il en ait connaissance, par la voie de consciences intermédiaires. Mieux par exemple que le patron d’une entreprise dont le bureau est au dernier étage sait ce qui se passe au rez de chaussée, sans jamais y mettre les pieds. Etre suprême hors du temps il ne se commet pas dans le temps. Le créateur laisse sa création suivre son cours tout en contrôlant son évolution. Mais l’homme est d’abord au service de lui-même, pire il prétend être dieu à la place de Dieu. Rien n’arrête son orgueil et sa démesure, il se croit libre et maître de son destin, mais vous saurez qu’il ne l’est pas. N’entrons pas dans un débat théologique ni sociologique. Mais d’aucuns disent qu’interroger sa conscience n’est pas une démarche scientifique. Pourtant les scientifiques eux-aussi « interrogent leur conscience » comment faire autrement ? Et certains entendent « je viens de tes neurones » Soit ! Pourtant les NDE et notamment celle de Paméla Reynold, infirment totalement que le cerveau génère la conscience. Et c’est là que les « Géo trouve tout » entrent en scène, « ce sont des propriétés quantiques des neurones qui engendrent notre âme ». Euréka tout s’explique ! Enfin presque car rien n’est prouvé, on cherche dans cette direction ce qui n’est pas du tout la même chose. Quoi d’autre ? Dieu ? Une âme immortelle ? C’est impossible disent-ils. Mais ne le démontrent absolument pas. Eux dotés de conscience n’imaginent pas un instant qu’il puisse y avoir une conscience plus vaste que la leur, plus inclusive, excepté peut-être ce qu’on appelle l’inconscient ou même la conscience, collective, ce qui est autre chose. Car on part du postulat que pour qu’il y ait conscience, il faut un ou des cerveaux. Qu’il ne peut exister de conscience sans corps, bien qu’en sa nature intrinsèque elle ne soit rien de corporel. Une fois établi cela par postulat, reste à explorer ce que la physique permet. Loin de moi l’idée de dénigrer la science en son état actuel excepté qu’elle exclut systématiquement des hypothèses jugées à priori farfelues irrationnelles et tout ce que vous voudrez, au nom que cela leur parait ainsi, ce n’est qu’un jugement non un fait établi. Car si quelqu’un considère que l’existence d’une conscience (ou pensée) cosmique est invraisemblable, je ne peux rien pour lui, sauf le plaindre. D’où viennent la conscience et la vie ? On fouille les tréfonds de la matière jusqu’aux limites puisque c’est là et là seul, pensent-ils que doit se trouver la clé. Seulement on ne la trouve pas. Ils partent juste de ce postulat tout à fait arbitraire (si si) d’où ils tirent des hypothèses invérifiées, néanmoins présentées comme des acquis scientifiques. On nous berne à longueur d’émission TV et de presse douteuse, bien que bon chic bon genre, en nous laissant croire que nous savons ce que nous ne savons pas, sous prétexte que ceux qui le disent ont pignon sur rue, des scientifiques des intellectuels de tous poils, qui en réalité n’en savent pas plus que vous et moi concernant ces mystères. Très peu d’entre eux n’ose dire « je n’en sais rien, je cherche » car on les paye pour savoir, ou en tout cas faire semblant, on boit leurs propos comme si ça sortait de la bouche même de la Pythie ou de je ne sais quel gourou distingué. En ce qui me concerne, je ne prouve rien non plus. Je ne décrète pas une vérité ex-cathedra, je prétends juste faire réfléchir. Car à ce jour nous ne pouvons pas appréhender ces questions autrement que par du raisonnement. Aucune expérience n’est possible, nonobstant ceux qui s’acharnent à s’y essayer quand-même et que d’ailleurs je ne critique pas. C’est une étape nécessaire pour savoir qu’on se trompe or lorsqu’on reconnait son erreur, on s’achemine (un peu) vers la vérité. Lève-toi et marche Si l’âme humaine est produite par le cerveau (selon des propriétés quantiques ou ce que vous voulez comment se fait-il que les singes ayant quasiment les mêmes neurones et sont antérieurs à l’homme dans l’évolution, (d’après la théorie officielle) ne soient capable des mêmes performances cognitives ? Réponse : néant personne ne le sait. Personne ne sait pourquoi l’homme est homme et le singe singe. Mais bien entendu il y a pléthore de théorie fumeuses pour l’expliquer (plus ou moins idéologiques, car l’athéisme et la sacralisation de l’homme pure produit de la nature et rien d’autre l’est évidemment) Quoi ? L’environnement, la nourriture, les besoins, que sais-je encore, qui en réalité n’expliquent rien et ont pour preuve le niveau zéro du néant qui n’en sortira jamais, car il manque une donnée essentielle. Qu’il y ait quelque propriété quantique mystérieuse sorte de pré-conscience au sein de la matière, non seulement je ne le nie pas, mais pense l’avoir suffisamment évoqué ci-dessus. Cela dit la conscience est un phénomène, un ver de terre est conscient, la conscience-connaissance du « moi je sais que je sais» en est un autre. L’âme humaine a des spécificités uniques, qu’aucune autre créature consciente sur terre ne possède. Celle de se re-présenter, conceptualiser l’expérience ou conceptualiser à partir d’autres concepts. Aucun animal n’a cette faculté quand bien même vous lui apprenez à compter ou reconnaître des formes abstraites. (Au passage vous remarquerez que c’est vous qui le lui apprenez et non le contraire bien que son âge sur la règle de temps de l’évolution soit censé être plus ancien que le nôtre) Que se passe-t-il ? L’homme aurait quelques gènes que le singe n’a pas. Et pourquoi les a-t-il ? Des mutations se seraient produites ; mais ce sont-elles produites par hasard ou selon les lois de l’évolution qui postulent que l’on développe selon l’environnement et le besoin ? Admettons que ce soit l’évolution. Les singes n’ont-ils pas les mêmes besoins que nous ? Leur environnement n’était-il pas le même au début ? Nous aurions eu besoin de nous redresser. Etait-ce un avantage ? Ce n’est pas sûr, car se redresser permet de voir plus loin, mais ralentit la course. D’autre part si les arbres disparaissent, le plus simple est de se chercher ailleurs un environnement plus favorable, sans avoir nécessité de se redresser sauf de temps à autre, comme le font les singes et de très nombreux autres mammifères. Décidément cette théorie du singe qui se tient debout ne tient pas. Dans ce cas n’importe quel animal qui se redresserait deviendrait homme au fil du temps. Car il n’y a pas que le singe, bien qu’il nous ressemble morphologiquement qui soit dotés d’une intelligence disons pré-humaine. Le poulpe résout des problèmes incroyables, le corbeau (qui se tient sur 2 pattes) fabrique des outils de son invention (signe d’humanité d’après la théorie) etc.. Non il y a autre chose. D’autres ont développé bien plus que les propos ci-dessus (qui ne font qu’efflorer le sujet) les arguments selon lesquels la théorie de l’animal qui se redresse et de ce fait développe son intelligence et devient homme a sérieusement du plomb dans l’aile. Alors ces mutations génétiques sont-elles dues au hasard ? Pourquoi pas ? On dit que le hasard fait bien les choses. Il le fait même si bien que l’on peut se demander si c’est vraiment le hasard. D’autant que l’homme est la seule créature chez qui ces supposées mutations favorables à l’intelligence abstraite ce sont produites. On nous dit que manger de la viande est favorable au développement cérébral et c’est entre autre ce qui a constitué un atout. Quel cerveau alors (et quelle intelligence) devraient avoir les animaux carnivores ou même les omnivores ! (ah j’oubliais, ils ne se sont pas redressés quoi que les kangourous si et pourtant…) La seule question qui vaille est celle-ci : à l’origine qu’avions-nous de spécial que les autres espèces n’ont pas ? Des gènes sera la réponse des généticiens et consort. Peut-être mais est-ce une cause première ? Sont-ce les gènes qui génèrent l’intelligence ou l’intelligence (l’esprit) qui agit et modifie les gênes ? (la fonction de penser crée l’organe et non le contraire) La matière engendre-t-elle l’esprit ou l’esprit la matière ? Qui se pose la question ? D’autres plus malins diront que c’est pareil que la poule et l’œuf et ils auront peut-être quelque part un peu raison, mais en partie seulement, car ils ont tous deux une cause antérieure. Alors le plus simple est de dire « pourquoi pas » ou qu’il n’y a pas de pourquoi. C’était ainsi c’était le hasard. Vous savez ce qu’Einstein pensait du hasard ? Et Dieu que fait-il ? Il ne fait rien, car il n’existe pas. Or nous voyons s’installer bruyamment la religion musulmane dans nos espaces de vie, nous européens, qui sommes devenus des sociétés sans Dieu. Voilà que la question de Dieu revient au centre de nos débats de civilisation. L’Europe n’a pas de racines chrétiennes, elle l’a décrété. Mais pourquoi a-t-elle eu besoin de le préciser ? Parler de laïcité c’est parler en creux de religion donc de Dieu. Or nous n’en avons jamais autant parlé depuis la loi de 1905. Les musulmans dans nos pays nous obligent à ce genre de débat qui n’existait pas dans les années 60. Vous avez éliminé Dieu ? Le voilà qui revient vous chatouiller les orteils. André Malraux disait que le 21ème siècle serait spirituel ou ne serait pas… D’autres diront à contrario que c’est justement s’il est spirituel qu’il ne sera pas, à cause des guerres que les religions suscitent. C’est vrai il y aura des guerres, mais soyez certain que « Dieu » sera le seul vainqueur. L’hypothèse de Dieu est conforme à la raison Pourquoi avons-nous éliminé Dieu ? D’abord parce que c’est plus commode, ensuite parce que nous lui associons toutes les abominations l’instrument de pouvoir et d’oppression qu’en ont fait la plupart des religions, « ces sales curés et leur morale castratrice, empêcheurs de jouir » Sans Dieu, plus de guerre, plus d’oppression, le bonheur sur terre, ici et maintenant, etc. Darwin nous en a libéré, et tant d’autres… Autant d’arguments non valides, car c’est confondre Dieu avec ce qu’en disent et en font les religions. Cela ne prouve en rien son inexistence. Or si le « verbe se fait chair » (et non « la chair se fait verbe » avouez que cette expression semblerait bizarre même à un non-croyant) je postule que c’est selon sa volonté, sinon quoi d’autre ? Et si la matière est chose donc sans volonté, sans intention ni projet, comment aurait-elle pu se créer de rien ? D’abord de rien, rien ne peut naître. Il faut au moins une pensée, une volonté ayant quelque puissance mystérieuse pour faire apparaître quelque chose de rien. Or l’esprit est quelque chose donc il n’y a jamais « rien ». D’autre part si elle s’est engendrée elle-même, elle se préexiste à elle-même, ce qui est absurde, elle n’a donc pas pu se créer. Pourtant nous sommes là alors qu’au début nous n’y étions pas. Tout porte à croire que de la masse informe d’une matière en fusion soit sorti de la vie, des plantes des animaux et des hommes et qu’ainsi tout ce qui vit soit le produit de la nature seule, de la matière seule. Peut-être mais qu’est-ce que la matière ? Ne renferme-t-elle pas quelques mystères non encore élucidés ? La réponse est évidemment, oui sans cela le métier de chercheur dans ce domaine n’existerait plus. Si la matière est une manifestation de Dieu lui-même, toute création engendrée par elle est in fine création de Dieu. Les lois de l’évolution seraient le projet que Dieu confère à sa partie visible, la matière. Pure spéculation certes mais le contraire l’est tout autant. Personne n’a encore prouvé que les lois de la matière et de l’évolution ne sont pas en réalité les manifestations d’une pensée divine, le projet d’un dieu. A ce jour nul n’en sais rien, fût-il prix Nobel. Ce que je tente simplement de dire c’est que l’hypothèse de Dieu est conforme à la raison et plus encore aujourd’hui qu’à l’époque de la scholastique. Ainsi le cerveau ne génère aucune conscience, c’est juste l’organe récepteur/ transmetteur. L’exemple le plus banal est celui-ci : on peut être gravement malade de l’esprit, avoir des hallucinations, être complètement déconnecté de ce que nous appelons le réel, et pourtant posséder un cerveau en parfait état. C’est d’ailleurs le cas la plupart du temps. Ceci montre bien qu’esprit et cerveau sont deux choses différentes. Ce n’est pas d’hier que nous savons cela, mais on glisse dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard. On ne s’y intéresse pas vraiment, on n’en parle pas. C’est comme ça et c’est tout ! Faute de quoi il faudrait se poser des questions dérangeantes que l’on préfère éviter. En effet si la conscience humaine n’est qu’une généralisation, ou complexification de sensations, on oublie l’essentiel. Pour qu’il y ait sensation il faut qu’il y ait conscience. Car sentir c’est être conscient de quelque chose, agréable désagréable ou neutre. Ce qui n’a aucune conscience n’éprouve aucune sensation quelque soient les informations qui circulent en lui. Ainsi cette théorie imaginée par les philosophes dit « sensualistes » revient à dire ceci : pour qu’il y ait conscience il faut qu’il y ait conscience ! Mais diraient-ils nous expliquons au moins comment on peut passer de la conscience animale à la conscience humaine. Admettons ! Mais reste qu’elle n’explique en rien comment on passe de la conscience zéro à une conscience si minime soit-elle, comment on passe de la chose à l’être. Mais si la nature a engendré des êtres, (ne serait-ce que nous) elle est être aussi. Seul un être peut engendrer un être. Tant que le contraire ne sera pas irréfutablement prouvé (ce qui n’est pas demain la veille) je postulerai que la non-vie ne peut engendrer la vie et la non-conscience la conscience. Revenons aux machines : nous allons créer des ordinateurs qui auront une âme, grâce à certaines propriétés quantiques (non encore élucidées) de la matière, lesquelles sont des propriétés de conscience. Ou encore, et là nous entrons de plein pied dans l’occultisme, nous allons créer des égrégores sur des supports logiciels, et ainsi les ordinateurs serons des êtres. Ou que sais-je encore. Pourquoi pas, mais je me demande s’il faut en rire ou en pleurer (bien que selon moi ce qu’on appelle égrégore soit pensable). Dans ces cas de figure, il y a de la conscience quelque part au sein de la matière, sinon c’est impossible. Vie et conscience sont inséparables Prenons par exemple un arbre, on le dit vivant. S’agit-il de simples transformations physico-chimiques « aveugles » qui donnent l’impression de vie, ou vit-il vraiment (comme nous vivons) ? On dit qu’une chose est vivante parce qu’elle se reproduit, se nourrit d’une façon ou d’une autre, et respire quel que soit aussi son mode de respiration. Nous savons qu’on peut vivre et être inconscient. Par exemple un homme plongé dans le coma. Cependant être dans cet état ne signifie en rien que ce dernier ne possède aucune conscience. Il en a une tant qu’il vit, simplement un dysfonctionnement empêche toute relation consciente avec lui-même et son environnement. On le dit inconscient et médicalement il l’est, mais spirituellement non. Son âme est toujours présente ; dans le cas contraire il ne vivrait plus. D’autre part comme le rappelle André Brack directeur de recherche au CNRS, à partir d’une « soupe chimique » appelée CHNOPS (carbone, hydrogène azote, oxygène, phosphore, souffre) qui est à la base de tout ce qui vit, la science ignore comment apparaît la vie. Nous sommes incapables à partir de ces éléments de créer le moindre être vivant. Ce que nous savons faire c’est le cultiver le faire se reproduire à partir d’au moins un organisme existant, par exemple une bactérie, dans un milieu favorable. Ce mystère de l’apparition de la vie, nous ne le connaîtrons jamais en prenant pour postulat les théories de l’évolution et pour une raison : du non-vivant ne peut naître du vivant. Seule la vie engendre la vie, d’où la nécessité de la reproduction. Ainsi au « commencement » était la vie. (Et pas juste une « soupe chimique ») donc au commencement était un être et non une chose. Si un être vit véritablement, il est forcément aussi doté d’une conscience, si infime soit-elle, sauf accident donnant l’apparence d’une non-conscience, et c’est ce qui fait de lui un être et non une simple chose. Il n’est peut-être pas abusif de dire que cet arbre est conscient, mais à une échelle très en dessous de la nôtre, appelons cela une conscience larvaire si on veut. Vivre c’est être doté de vie, c’est-à-dire d’une énergie vitale dont les sciences actuelles et la physique en particulier n’ont aucune connaissance. A ce jour, ce qu’est la vie elle-même (à ne pas confondre avec les conditions nécessaires à sa manifestation, le support, le fameux CHNOPS) reste un mystère. S’il y a de la conscience partout dans l’intimité de la terre de l’univers ou des multivers, si vous voulez, qu’est-ce d’autre que Dieu ? Appelez-le autrement, collez une autre étiquette si le mot dieu vous écorche la langue, cela ne change rien. Il y a un être et un être a une volonté ; une chose n’en a aucune, pas même celle de durer. Admettons qu’un jour l’ordinateur devienne conscient, donc vivant, d’ailleurs peut-être l’est-il déjà bien que j’en doute très fortement ; en tout cas à l’instar d’un arbre ou d’une plante, cela ne pourra être qu’une conscience minimale, une presque non-conscience, donc une presque non-vie. Si un ordinateur devenait conscient comme nous, chose impossible, il serait aussi forcément vivant comme nous, agirait alors comme nous, selon ses intérêts, ses opinions, ses valeurs, ses idéaux etc., puisqu’il en aurait ; il pourrait haïr son créateur (tuer le père) Ce serait une machine humaine que vous ne pourriez pas programmer. Mais on objectera que l’on peut programmer un homme qui pourtant a lui aussi son libre arbitre, ce qui est grandement faux. La programmation humaine (type lavage de cerveau, conditionnement etc..) a de gigantesques limites. Rien ne garantit contre les « dérapages » où l’individu ne fait plus ce pourquoi on l’a « programmé ». Le libre arbitre reste le libre arbitre, mais qui sait, avec quelques drogues, tant qu’elles feront effet…. ? Encore une fois ce n’est pas demain la veille que vous verrez cela. Cette idée est tout bonnement monstrueuse (pas seulement d’un point de vue éthique mais aussi et surtout au sens théorique) et montre jusqu’à quelle absurdité l’athéisme, c’est-à-dire le matérialisme scientifique, ou scientisme, mène.
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