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Six scénarios d'un monde sans travail

Dossier
Paru le 21.09.2020
Le siècle des robots

Six scénarios d'un monde sans travail

27.07.2018, par
Image tirée de la série télévisée « Trepalium » (2016). Dans cette anticipation, seule une personne sur cinq a la chance d'avoir un emploi et de vivre dans la Cité, protégée par un mur.
Les machines seront un jour capables de remplacer les humains dans toutes les tâches, affirment les experts en intelligence artificielle… Voici six futurs possibles au XXIIe siècle selon l'économiste Gilles Saint-Paul. Cet article fait partie du TOP 10 des plus lus sur notre site cette année.

Cet article a été publié dans le numéro 3 de la revue « Carnets de science ».
Il vient à la suite de celui-ci qui détaille pourquoi les experts en intelligence artificielle pensent que les machines seront un jour capables de nous remplacer dans toutes les tâches.

   
Supposons que dans cent ou cent cinquante ans, le travail des humains devienne moins compétitif que celui des robots, peu chers, corvéables à merci et parfaitement acceptés par la population. « Dans ce cas, il faut bien comprendre que l’on quitte le régime qui fonctionne depuis la révolution industrielle. Dans celui-ci, la machine-outil améliore la productivité de l’ouvrier sans le remplacer ; cette productivité accrue permet à l’entreprise d’embaucher et d’augmenter les salaires. Au final, elle profite à l’ouvrier et à la société en général », explique Gilles Saint-Paul, chercheur au sein de l’unité Paris-Jourdan Sciences Économiques1. Mais si la machine travaille seule, elle entre directement en concurrence avec le travailleur humain. On passe à un régime où le capital se substitue au travail : le salaire est fixé par la productivité des robots et leur coût de fabrication. « Imaginons en effet que vous empaquetez des colis et que vous en faites vingt par heure, illustre l’économiste. Si un robot qui coûte 10  euros de l’heure en fait le double, votre salaire horaire s’élève à 5 euros. » Misère.

Si le robot (assigné à la même tâche que vous, NDLR) se perfectionne et passe à quatre-vingt colis de l’heure, votre salaire sera divisé par deux.

Pire encore : « Si ce robot se perfectionne et passe à quatre-vingt colis de l’heure, votre salaire sera divisé par deux. » Les humains ne pourront alors plus vivre de leur travail. Et taxer les robots, déjà largement déployés dans tous les secteurs d’un pays, redevient une éventualité économiquement viable, voire nécessaire (NDLR : contrairement à ce que recommandent les économistes pour un avenir proche). Sous ces conditions, Gilles Saint-Paul a élaboré six scénarios pour le monde de demain2. Toute ressemblance avec d’actuels cas de figure n’a rien de fortuit…

 

Les robots de la série TV Real humans
Si les robots pouvaient à l'avenir travailler de manière quasi-autonome, comme ceux de la série télévisée « Real Humans » (ici en photo), ils entreraient alors directement en concurrence avec le travailleur humain...
Les robots de la série TV Real humans
Si les robots pouvaient à l'avenir travailler de manière quasi-autonome, comme ceux de la série télévisée « Real Humans » (ici en photo), ils entreraient alors directement en concurrence avec le travailleur humain...

1 – L’État-providence

Le fruit du travail des machines est redistribué à la population par l’État-providence. Celui-ci renfloue ses caisses en taxant les propriétaires de robots (autrement dit, les détenteurs du capital). Ce scénario social-démocrate pourrait tout à fait se mettre en place dans une société démocratique : si le salaire d’une majorité de citoyens tombe en dessous du niveau de subsistance, ceux-ci pourraient en effet voter massivement pour le taux d’imposition qui maximise les recettes publiques. « Alors, les capitalistes, très peu nombreux, vivent du travail des machines et les autres vivent de transferts sociaux, résume Gilles Saint-Paul. Les Français ou les Grecs, qui épargnent peu comparativement aux Allemands et ont un État redistributif fort, pourraient évoluer vers ce type de scénario. Mais des usines sans main-d’œuvre humaine seraient très facilement délocalisables. » Taxer les propriétaires de robots n’aurait alors rien d’une sinécure…

2 – La société des rentiers

Dans cette possible suite du scénario précédent, certains citoyens épargnent sur leurs revenus providentiels et lèguent à leurs enfants un patrimoine. De nouvelles dynasties de rentiers émergent. Plus leur nombre est élevé, plus la croissance est forte car le patrimoine hérité devient une nouvelle source d’épargne (celle-ci est en effet prêtée par les banques aux entreprises qui investissent dans les robots pour produire). Si une classe de rentiers, détenteurs de capital et opposés à la redistribution, atteint une masse critique, le système de l’État-providence disparaît peu à peu faute de soutien politique. À terme, la société se divise en deux grandes castes : d’un côté les rentiers modérément aisés et de l’autre un sous-prolétariat voué à l’indigence qui, faute d’héritage et de revenus suffisants accordés par l’État, ne pourra plus faire en sorte que ses descendants deviennent un jour rentiers. « Les Allemands, qui épargnent beaucoup, pourraient évoluer vers ce type de scénario », commente Gilles Saint-Paul.

3 – Le fordisme nouvelle génération

Image tirée du film « Les Temps modernes » (1936), emblématique de l'automatisation du travail à l'usine et des chaînes de production qui ont fait le succès de Henry Ford dans l'automobile.
Image tirée du film « Les Temps modernes » (1936), emblématique de l'automatisation du travail à l'usine et des chaînes de production qui ont fait le succès de Henry Ford dans l'automobile.

Afin de s’assurer une base de consommateurs et une certaine paix sociale, les entreprises maintiennent des emplois humains, peu utiles mais bien payés. Donner de l’argent d’une main pour récupérer de futurs clients de l’autre n’est pas une idée nouvelle : le constructeur automobile Henry Ford en fit ses choux gras au début du XXe siècle. Dans les années 1960 émergent ensuite de nouvelles catégories managériales intermédiaires, les « cadres », friands de meubles en Formica et de chaînes hi-fi. « Dans mon scénario néo-fordien, les gens ont des revenus élevés pour des emplois purement formels au sein d’une hiérarchie prétendument productive. Ils font des présentations Powerpoint accessoires et de longues réunions oiseuses… », souffle Gilles Saint-Paul.

Dans mon scénario néo-fordien, les gens ont des revenus élevés pour des emplois purement formels au sein d’une hiérarchie prétendument productive. Ils font des présentations Powerpoint accessoires et de longues réunions oiseuses…

« En bout de chaîne, un secteur tertiaire hypertrophié soutient le mécanisme de redistribution et, en amont, des usines où seuls des robots travaillent produisent le capital. » Problème : le système fordien était instable car rien ne garantissait que les employés généreusement payés choisissent la fameuse voiture en forme de T plutôt qu’une Chevrolet à prix cassé. « C’est exact, poursuit l’économiste, mais dans un capitalisme fondé sur l’entente des prix et des niveaux de salaires, établie entre un petit nombre de grandes entreprises se partageant tout le marché, on peut s’attendre à ce que le néo-fordisme survive. » À voir l’économie du numérique aujourd’hui, fortement concentrée autour des GafamFermerAcronyme formé des initiales des géants du Net, Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft., l’hypothèse est fort plausible.

 

4 – L’Empire romain contre-attaque

Pour éviter de payer de fortes taxes au sein d’un éventuel État-providence, la poignée de très riches propriétaires de robots met en place son propre système redistributif fondé sur le clientélisme. Ils transfèrent quelques subsides au peuple en échange de leur appui politique. Cette redistribution ne passe ni par l’État ni par l’entreprise. « La société serait alors une variante de celle de l’Empire romain où les robots jouent le rôle des esclaves. La masse de prolétaires, elle, devient une sorte de plèbe sans travail ou dont le travail ne rapporte pas assez. Enfin, l’oligarchie capitaliste, comme les grandes familles patriciennes de l’Antiquité, s’assure les faveurs de la plèbe en lui offrant “du pain et des jeux” », commente Gilles Saint-Paul.

Scène du film « Spartacus » (1960), de Stanley Kubrick. Dans l'un des scénarios futuristes de l'économiste Gilles Saint-Paul, la société serait une variante de celle de l’Empire romain où les robots joueraient le rôle des esclaves.
Scène du film « Spartacus » (1960), de Stanley Kubrick. Dans l'un des scénarios futuristes de l'économiste Gilles Saint-Paul, la société serait une variante de celle de l’Empire romain où les robots joueraient le rôle des esclaves.

5 – Guerres, famines et épidémies

Les salaires tombent sous le niveau de subsistance et la population mondiale diminue rapidement. Seuls les propriétaires de robots survivent. Ce scénario est un retour au schéma malthusien3. Selon celui-ci, la croissance à long terme ne permet pas d’augmenter le niveau de vie car, dès que les salaires dépassent le niveau de subsistance, la natalité remonte et la répartition des richesses entre plus de bouches à nourrir, vêtir et distraire, annule toute forme d’accumulation. « Grâce à la baisse de la natalité de la fin du XIXe siècle, les pays développés sont sortis de quatre mille ans dans la trappe malthusienne. La révolution industrielle a ainsi permis une hausse exceptionnelle du niveau de vie. » Alors, qui retombera dans la trappe ? « Les pays peu développés et certaines dictatures », répond Gilles Saint-Paul.

Les pays moins développés pourraient ensuite (...) profiter d’un nombre de robots par tête plus important du fait de la disparition pure et simple de la classe laborieuse.

De la même façon, on a observé ces dernières décennies des famines et des massacres de masse dans certains pays d'Afrique et d'Asie, alors qu’ils seraient inacceptables dans les sociétés démocratiques. « Les pays moins développés pourraient ensuite dépasser l’Occident : sociétés de rentiers non redistributives, ils profiteraient en effet d’un nombre de robots par tête plus important du fait de la disparition pure et simple de la classe laborieuse, projette l’économiste. Mais cela n’arriverait que si ces pays réduisaient leur taux de fécondité et s'ils établissaient des droits de propriété crédibles sur les robots, mettant fin aux pillages, aux désordres civils et à la corruption. »

 

6 – Bienvenue dans la « Matrice »

L’automatisation pressurise certes les salaires, mais le salaire de subsistance lui aussi baisse : grâce aux nouvelles technologies, l’augmentation de la productivité agricole pourrait en effet assurer l’alimentation d’un grand nombre d’êtres humains à un coût faible4. Et pour ce qui est du « superflu », la virtualisation de l’existence permet de sacrées économies ! « On peut vivre dans un appartement au mobilier luxueux avec des tableaux de maîtres au mur, alors qu’il ne s’agit que d’images holographiques », commente Gilles Saint-Paul. Et passer nos vacances en réalité virtuelle, sous la chaleur d’un brasero, bercés par la brise d’un ventilateur premier prix ? On a hâte… ♦

Et si, comme dans le film « Matrix reloaded » (2003) de Andy Warchowski, la totalité de notre environnement devenait virtuel ? Les économies réalisées sur le budget déco suffiraient-elles à pallier la baisse de nos salaires ?
Et si, comme dans le film « Matrix reloaded » (2003) de Andy Warchowski, la totalité de notre environnement devenait virtuel ? Les économies réalisées sur le budget déco suffiraient-elles à pallier la baisse de nos salaires ?

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L’enseignement, un bien de consommation ?

Le système éducatif, coûteuse institution, est actuellement utile du point de vue économique parce qu’il fournit des travailleurs qualifiés qui augmentent la productivité de la société. « Mais dans le monde robotisé que j’imagine, elle doit changer radicalement, explique Gilles Saint-Paul. Au lieu de donner une longue éducation aux gens, on leur donnera des robots ou des droits sur des robots pour maintenir leurs moyens de subsistance. L’éducation, dispensée via des technologies virtuelles et donc peu chère, deviendra alors un bien de consommation, et non un moyen de devenir productif et d’augmenter votre salaire. » Cela vous semble horrible ? Affaire de point de vue : « Cela réduirait les inégalités en logeant tout le monde à la même enseigne. Alors que depuis quarante ans environ, les personnes douées à l’école et réceptives à son système sont favorisées au détriment des autres », achève l’économiste.

   
Pour savoir ce qui risque de se passer dans un avenir plus proche, lisez  :
À l’usine, au bureau, tous remplacés par des robots ?
 

Et sur les questions d'éthique liées à ces sujets :
Peut-on faire confiance à l'intelligence artificielle ?

Notes
  • 1. Unité CNRS/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/École des hautes études en sciences sociales/ENS Paris/École des Ponts ParisTech/Institut national de la recherche agronomique.
  • 2. Gilles Saint-Paul, « Robots : vers la fin du travail ? », avril 2017, disponible sur halshs.archives-ouvertes.fr et publié dans la revue Archives de philosophie du droit.
  • 3. Thomas Malthus (1766-1834) était un économiste britannique.
  • 4. « The Future of agriculture », Technology Quaterly, juin 2016.
Aller plus loin

Auteur

Charline Zeitoun

Journaliste scientifique, autrice jeunesse et directrice de collection (une vingtaine de livres publiés chez Fleurus, Mango et Millepages).

Formation initiale : DEA de mécanique des fluides + diplômes en journalisme à Paris 7 et au CFPJ.
Plus récemment : des masterclass et des stages en écriture de scénario.
 

Commentaires

20 commentaires

@Thierry Curty Votre pseudo-description très caricaturale démontre déjà que vous ne vous êtes même pas correctement renseigné sur le projet Venus, et vous y projetez déjà des fantasmes qui ne correspondent pas à la réalité. En réalité, oui il s'agit d'une réflexion, et même la seule vraie réflexion politique puisqu'elle remet complètement en cause notre paradigme économique et social qui est en réalité encore primitif et malsain. D'ailleurs, je vous invite à lire ou écouter Jacques Fresco. L'économie basée sur les ressources est la seule véritable alternative au système actuel. Aucune perspective d'épanouissement, pourquoi ? Parce qu'on vous a formaté depuis votre naissance à l'idéologie du travail (néo-esclavagiste) et à l'argent, et à l'idée que votre bonheur passait par le fait d'avoir un emploi pour posséder un maximum d'objets et où l'objectif ultime c'est d'être en haut de l'échelle sociale ? En réalité, c'est juste votre étroitesse d'esprit qui vous empêche de concevoir l'épanouissement différemment. Ce n'est pas de votre faute, rassurez-vous, c'est précisément pour cette raison que nous devons impérativement parler de l'économie basée sur les ressources pour faire changer les mentalités, et dénoncer sans concession notre paradigme primitif, basé sur la compétition et la prédation. Ce même paradigme qui vous fait croire que vous n'êtes rien si vous n'êtes pas un bon producteur / consommateur, ce même paradigme qui vous endoctrine à l'idée qu'il est l'horizon indépassable de l'humanité, et que toute réflexion allant au-delà de son cadre et ses règles, est absurde, voire criminelle. Aujourd'hui, beaucoup de gens sont des zombies, ils ne sont pas épanouis, parce que justement ils en sont encore à devoir subvenir eux-mêmes à leurs besoins alors que cela n'a plus lieu d'être dans toute civilisation évoluée, où la science est au service de l'humanité. Le problème vient du profit et de la minorité parasitaire qui vit de l'asservissement de 90% de la population et des ressources. Pour que profit il y ait, ce système économique doit obligatoirement maintenir son système de valeurs. Un système qui tourne autour de trois concepts profondément nocifs pour la condition humaine en la maintenant dans la médiorité ; "Travail", "Argent", "Religion".

Ce discourt est complètement ridicule, ne prenant pas en compte les flux d'énergie et minéraux nécessaires pour le développement et l'entretien d'une population de robots, ni l'impact environnemental, ... De nos jours faut-il encore rappeler à un auteur du journal du CNRS que le monde est fini, certaines ressources non renouvelables et l’énergie fossile (et abondante) sur la fin des stocks ?

C'est là que vous faites erreur, comme tous ces collapsologues ; raisonner dans l'absence totale de remise en cause des structures socio-économiques en place et présentant la technologie comme le problème. La technologie n'est pas du tout le problème en soi, c'est la manière dont on l'utilise et dont on la produit qui peut poser problème. Et cela ne sert à rien d'intégrer un problème si c'est pour ne pas agir sur sa cause profonde ; les vices qui nous ont amenés à être dans un cycle de gaspillage et tout ce que cela implique (esclavage, guerres, famines, pauvreté, maladies, délinquance) au départ. Les êtres humains sont en réalité complètement façonnés par leur environnement, qui les pousse à agir de telle ou telle manière. Ce ne sont donc pas les ressources qui manquent. La problématique des ressources est avant tout celle de leur gestion. Une gestion qui ne dépend que du paradigme économique en place. C'est bien parce que le nôtre est entièrement basé sur les profits que les ressources n'y sont pas correctement gérées. En réalité, une économie basée sur les ressources, où la science est au service de l'humanité et à la résolution des problèmes, et où toutes les ressources de la planète sont déclarées patrimoine commun de l'humanité, induirait une société de l'abondance dans laquelle le système monétaire disparaîtrait et où les biens et services seraient disponibles pour tout le monde immédiatement. À ce moment-là, puisqu'il n'y a plus de recherche permanente de profits et de rentabilité (l'argent ayant disparu), il n'y a plus de surproduction, donc plus de surconsommation non plus, l'obsolescence programmée appartenant elle aussi au passé. Dans un tel cadre, aussi, les énergies fossiles occupent une place franchement dérisoire car les révolutions technologiques s'opèrent indépendamment de considérations mercantilistes, ce qui libère par là-même le développement intégral des énergies propres. Faut-il quand même rappeler que les grandes découvertes et les grands progrès ne sont pas motivés par l'argent, ce qui signifie que le problème vient à la base de l'environnement dans lequel on évolue...

Si le robot peut remplacer les humains dans tous les domaines, alors il le remplacera de très loin dans le domaine de la pensée. Le robot sera l'espèce qui nous remplacera sans difficulté. Il aura lui le loisir de vivre sur Pluton ou ailleurs (sans oxygène) et de nous regarder nous effondrer sans faire le moindre effort pour aider les fourmis humaines. Le robot n'a pas de limite de taille ni de durée, c'est un avantage certain sur les pauvres bestioles que nous sommes.

Postuler qu'une intelligence supérieure serait forcément tout autant si ce n'est plus démoniaque que l'intelligence humaine est un réflexe que l'humanité pratique tout le temps ; on appelle ça l'anthropocentrisme. C'est une erreur. Je pense, au contraire, qu'une intelligence supérieure n'a déjà pas besoin d'écraser ce qui est plus faible qu'elle pour s'affirmer. Bien au contraire, elle va favoriser la collaboration, l'altruisme, l'empathie et la compréhension, car elle regarde aussi à long terme et décèle que c'est aussi dans son intérêt. De plus, à y réfléchir de plus près, on peut quand même s'apercevoir que la nature humaine est façonnée par son environnement, ses standards, ses moules, ses contraintes, ses règles, qu'elle met elle-même en place il y a plusieurs siècles, alors qu'elle pourrait faire beaucoup mieux. À condition de mettre en place un environnement social et économique propice au progrès, les robots peuvent servir la condition humaine plutôt que l'aliéner davantage qu'avant. Ce n'est qu'une question de choix politiques en définitive.

Article intéressant, mais je ne suis pas d'accord avec le nombre restreint d'hypothèses Six scénarios négatifs (y compris un Malthus, toujours aussi scientifiquement faux), et on comprend pourquoi dès l'introduction : l'idéologie choisie pour explorer les hypothèses scientifiques est l'idéologie entrepreneuriale ("compétitivité", "productivité", "le capital crée la richesse"). Quant au "affaire de point de vue" de la fin, typique de l'idéologie entrepreneuriale qui se croit seule au monde. Pour moi, ça montre que l'idéologie humaniste est l'avenir qu'il faut choisir, car les hypothèses scientifiques que l'on peut en dégager son positives. Allez, une rapide : on comprend que les techniques ont une direction et un sens, on choisit leur direction et on met argent et robots au service de l'humain, non l'inverse. Les inégalités diminuent, la richesse humaine augmente, on passe à l'écologie politique, etc. A discuter, mais être conscient que cette orientation existe pour en discuter.

Euh... Y'a quand même un sérieux problème de logique dans la plupart de ces scénarios. Qui achèterait la production des robots ? Et avec quel argent ? Un capitalisme qui s'affranchirait totalement de main d'oeuvre humaine aurait un sérieux problème économique. Idem pour la rente.

Et si personne n'achète ce que produit le robot ? Que va devenir celui qui le produit ? "Mais si la machine travaille seule, elle entre directement en concurrence avec le travailleur humain. On passe à un régime où le capital se substitue au travail : le salaire est fixé par la productivité des robots et leur coût de fabrication. " Et si le consommateur arrête de consommer ? Vous pensez sérieusement que l'intelligence artificielle peut être supérieure à l'intelligence humaine et que l'intelligence peur qualifier quelque chose qui n'est pas humain? Il me semble que l'on confond intelligence et connaissance, dans l'intelligence il y a des émotions, il y a du coeur parfois de la méchanceté.

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